la feuilleton de Clarisse reprend vie

Bien que son apparence soit un peu changée, David a reconnu Léa, une amie de son école secondaire. Il est séduit… Ce coup de foudre est partagé… Dès lors, la chanson et le métier de modèle n’ont plus la même importance pour lui. Cette passion toute neuve pour Léa se traduit par de grands changements dans la vie de David. Finis les petits boulots, il veut un métier : il se voit professeur d’art. Il s’est inscrit à l’Université pour suivre des cours « sérieux ». Il trouve plaisir aux exposés théoriques et met toute son énergie créatrice dans les ateliers pratiques. Ses devoirs sont réalisés avec soin!

Clarisse a su ces nouveaux développements. Elle en tient compte dans sa réflexion sur son avenir d’écrivaine, réflexion très pénible. Les questions ont tourné dans sa tête, les commentaires de ses proches aussi, elle a marché de long en large et dans tous les sens… Remise en question complète

Elle se rend à l’évidence que sa conception du roman est bancale.

« Calquer mon écriture sur la vie d’un personnage vivant est une entreprise vouée à l’échec. Mes héros évoluent trop lentement pour que je puisse raconter leur histoire de vie. »

Des amis écrivains l’avaient prévenue que le deuxième roman est plus difficile à réaliser. Elle y a mis tout son cœur et tout son espoir, mais,

« non seulement je n‘ai pas pris le bon chemin, mais de plus, beaucoup d’obstacles et de distractions se sont dressés sur ma route. En somme, pour un ensemble de raisons, je n’y arrive pas. Ce n’est plus la peine d’essayer. »
Une image traverse sa conscience…

« Ciel, l’éditeur! dois-je le prévenir maintenant? »

Clarisse n’est pas sans savoir que les activités prévente débutent bien avant la publication. Cette seule pensée déclenche une migraine. Pénible discussion en perspective…

Elle se résigne à prendre rendez-vous.

« Monsieur le directeur vous recevra mercredi prochain à 10 heures. »

Résumé, deuxième année du feuilleton de Clarisse

Résumé

Clarisse a fait beaucoup d’efforts pour écrire un deuxième roman, mais elle a rencontré beaucoup d’obstacles et d’interruptions À peine quelques chapitres sont-ils rédigés.

Laurent, personnage principal de ses écrits a connu une grave maladie rénale, une dépression substantielle, le choc d’une rupture amoureuse et une fin de vie en milieu hospitalier.

Clarisse a obtenu un sursis de dix mois de la part de son éditeur. Elle a imaginé un nouveau personnage, David, de descendance italienne, jeune et en santé. Il a eu un accident et porte un plâtre au bras gauche. Son travail de modèle dans une école d’art est mis en veilleuse et il se consacre à la musique. Sa chanson Le Souffle rencontre un grand succès, mais la suite de sa carrière musicale s’annonce très lente, trop lente au goût de Clarisse qui voulait calquer son roman sur la déroulement de la vie de David.

La vie personnelle de Clarisse a connu beaucoup de péripéties : un amour passionnel avec Yves a vu le jour et a été éventuellement suivi d’un voyage avec lui à Venise. Ce périple touristique s’est déroulé dans la hâte et la bousculade, elle en reste déçue. Cet amoureux s’absente souvent pour son travail d’entraîneur pour le patinage de vitesse.

Clarisse a été bouleversée par la mort de son père Maurice, décédé suite aux complications de la C difficile; il était apprécié de tous. En vertu du testament, elle a été désignée comme liquidatrice de la succession. Elle a représenté la fratrie qui s’est opposée aux désirs d’Irène (récente compagne de Maurice) qui voulait habiter à sa guise la grande maison familiale situé à la campagne. Les prétentions d’Irène ont été ramenées à trois semaines en juin.

Épuisée, Clarisse réfléchit à son métier d’écrivaine. Lorsque Clarisse réfléchit, c’est long…

Voyons où elle en est.

Clarisse rencontre

Clarisse rencontre

Résumé
Clarisse a convoqué ses frère et sœurs pour leur transmettre les exigences et les menaces d’Irène : pouvoir séjourner à sa guise dans l’ancienne maison de Maurice, en cas de refus, en référer aux tribunaux.
Clarisse a obtenu un compromis de la part de sa fratrie.

Épisode

Clarisse redoute la confrontation avec Irène. La romancière souffre d’insomnie. Elle cherche les bons mots, le bon ton de voix, la bonne attitude… Elle se décide enfin et suggère une rencontre autour d’une tasse de thé. Un salon de thé, terrain neutre, sera le théâtre des hostilités.

De son côté, Irène a réfléchi. Elle n’est pas folle quoiqu’en pensent les enfants de Maurice. Elle sait pertinemment que sa demande était excessive. Au cours de sa vie, elle a joué au poker et elle a appris à donner le change. Sa menace d’aller devant les tribunaux n’était qu’une stratégie pour les pousser au pied du mur.

« Ce bluff m’a semblé de bonne guerre » pense-t-elle.

Au moment fixé, Irène se présente, tout sourire, mielleuse, déroutante aux yeux de Clarisse. Cette dernière se lance à l’eau et lui transmet la proposition de sa fratrie. Irène prend le temps de réfléchir… elle repousse ses cheveux, croise et décroise ses jambes, ajuste ses lunettes, regarde au loin… toujours en silence…
Cette pause semble une éternité pour Clarisse.

Finalement, avec force soupirs, Irène accepte, de séjourner en juin dans la maison de Maurice, mais! elle souhaite un mois et non pas trois semaines…

L’estomac de Clarisse se noue, son front se plisse, tous ses muscles se contractent à l’idée de convoquer à nouveau ce qu’elle conçoit comme son conseil de guerre. Elle sait le peu d’estime que ses frère et sœurs portent à celle qu’ils appellent la belle-mère. Elle explique à Irène qu’elle n’a pas de pouvoir décisionnel, elle n’est que la porte-parole des héritiers.

Irène prend encore le temps de réfléchir… même manège, les cheveux, les jambes, les lunettes, le regard lointain, le silence… Une autre éternité pour Clarisse.

Après une interminable réflexion, Irène cède et se soumet au bon vouloir des enfants de Maurice. L’écrivaine peut enfin porter sa tasse à ses lèvres et boire en paix.

Elle croit que ses responsabilités de liquidatrice ont pris fin et qu’elle va pouvoir reprendre la rédaction de son roman. Premier réflexe : David. Où en est son projet de CD?

Les héritiers

Que faire?
RÉSUMÉ DES FAITS RÉCENTS
Maurice a tout légué à ses enfants. Son patrimoine se résume à la maison de campagne, considérée jusqu’à ce jour, comme la maison familiale. Irène, nouvelle arrivée dans la vie de Maurice, exige d’y séjourner à sa guise.

ÉPISODE

Yves doit reprendre son travail, au loin. Les au revoir de la romancière et de l’entraineur ont été épiques. Clarisse avait beaucoup aimé la présence de cet homme et redoute la solitude…

Après le départ de son amoureux, la liquidatrice se remet à l’œuvre.
Aucune nouvelle d’Irène. Clarisse présume qu’elle maintient sa demande. L’écrivaine se résout à convoquer son frère et ses deux sœurs.

La fratrie s’amène à la date convenue et prend connaissance des prétentions d’Irène. La nouvelle déclenche un tollé. Les commentaires fusent, tout le monde parle en même temps.

« Ça alors ! »
« Elle est dingue! »
« Je ne l’ai jamais aimée »
« Il n’en est pas question! »
« Jamais! »
« Je proteste! »
« Quelle folle! »

Clarisse tolère ce déferlement émotionnel, puis prend la parole.
« Je n’aime pas notre belle-mère, moi non plus, mais nos sentiments ne sont pas ici en cause, il s’agit d’argent et de légitimité. En tant qu’héritiers, nous avons des droits, mais la succession n’a pas les moyens financiers d’aller en cour. »

« Notre père n’avait pas d’économies? » demande timidement Claude.

« A-t-il confié ses économies à un notaire véreux? » renchérit Claire.

Clarisse est surprise de la dernière question. Cette idée ne lui a jamais traversé l’esprit. Elle n’a jamais pris en compte cette éventualité. L’écrivaine, si fondamentalement honnête, est abasourdie. Elle s’abstient de répondre, croyant que les chiffres parleront d’eux-mêmes.

Sans argent, que faire? Répète-t-on autour de la table… Clarisse trouve que ces invités manquent d’imagination. C’est injuste de sa part. Elle a une longueur d’avance, elle y a réfléchi longuement. C’est donc elle qui propose :

« Nous pouvons négocier un arrangement qui nous semble plus raisonnable. »

« Ah oui, lequel? » répondent-ils, tous en chœur.

Et c’est reparti, tous s’expriment… ensemble. Clarisse tente de ramener un peu d’ordre dans la cacophonie qu’elle a suscitée… Les questions s’entremêlent : faut-il vraiment céder? Faut-il renoncer à certaines périodes? Faut-il la tolérer sur une base annuelle? Faut-il lui permettre de gagner? Les commentaires sont belliqueux…

Clarisse tente de ramener un peu d’ordre dans la cacophonie que ses propos ont suscitée. Elle ajoute :

« Je propose, que nous autorisions Irène à séjourner trois semaines dans notre maison. »

« Pas en juillet ! » dit Claude
« Pas en août ! » ajoute Claire
« Pas en septembre! » précise Julie.

« Il reste le mois de juin, conclut Clarisse, elle aura tout le loisir de revivre son séjour avec notre père ».

Les items à l’ordre du jour étaient peu nombreux, il est temps de clore la réunion. Que dire de plus?

Le mécontentement persiste, cela s’entend jusque dans la cour où chacun regagne sa voiture. En maugréant, les invités se dispersent, pas très heureux. Ils ont l’impression d’avoir été contraints par le chantage de cette femme.

Irène acceptera-t-elle le compromis?

Clarisse s’emporte

Résumé des faits récents
Clarisse prend son rôle de liquidatrice au sérieux et s’occupe de ce qu’elle appelle la paperasse. Son ennui majeur vient d’Irène, qui réclame de séjourner à sa guise dans la demeure familiale et qui menace de recourir aux tribunaux en cas de refus.

Épisode
Yves est témoin de la rentrée tapageuse de Clarisse. Il entend une porte qui claque. L’écrivaine est blême, ses gestes sont saccadés.

« Je ne l’ai jamais vu dans cet état, elle, d’habitude si calme et si posée »
Pense son amoureux.

Clarisse déclare brusquement « Je ne sais pas si je corresponds à la définition, mais je souffre de rage au volant. Dans mon habitacle, je fulmine, je hurle, j’invective. Si j’étais une jument, la vapeur me sortirait par les nasaux. »

« Une vraie furie » s’étonne Yves.

« Détours! Détours! Détours! Engorgements inouïs dans des rues autrefois paisibles. Complètement affolant! Six voitures qui s’entrecroisent pour accéder à trois directions différentes, et une seule voie pour enfin parvenir à ma rue! » fulmine Clarisse.

« Les bouchons, les ralentissements, je les tolère; ce que je ne tolère pas, c’est le comportement des automobilistes, des autres, bien entendu, moi, je suis parfaite, ou du moins, j’étais parfaite, je ne le suis plus. Je laisse passer les ambulances (pour des raisons humanitaires) et les autobus (parce qu’ils sont plus gros que moi). Les autres? Niette ! »

Clarisse ne décolère pas. « Il faut dire que j’ai vu les pressés qui filaient à 70 km à travers la ville, j’en ai vu d’autres me dépasser à droite pour rattraper la rue plus loin, et ce, malgré le feu rouge. Mon sens du civisme est ulcéré. La galanterie n’existe plus, j’en ai fait mon deuil, mais la civilité devrait survivre! »

La fureur de Clarisse ne s’essouffle pas.
« Je souris et je remercie ceux et celles qui me permettent de rentrer dans le rang. Les autres me mettent hors de moi. Comme ceux qui klaxonnent quand j’attends que les piétons traversent une intersection ou ceux qui me pressent de redémarrer, de toute urgence! »

Yves, est médusé et soucieux : il ne reconnait pas la femme devant lui. Il croit que les émotions soulevées par les récriminations d’Irène sous-tendent les emportements de Clarisse…

Irène se révèle

Résumé des faits récents
Clarisse est ralentie dans son travail d’écriture. Elle misait beaucoup trop sur la vie de David, son nouveau personnage. Elle a été désignée comme liquidatrice de la succession de son père, d’où Irène a été exclue. Cette dernière fulmine. Yves, en vacances, est aux côtés de Clarisse.

Épisode
La table de travail de Clarisse est très encombrée. Liquider une succession n’est pas une mince tâche. Banques, impôts, rentes, inventaire, etc.

« Quelles paperasses! » Pense celle qui n’a pas l’habitude des formalités.
« Le notaire m’a assuré que c’était un honneur, honneur dont je me passerais volontiers ».

Mais…comment dire non à son père, qui, même absent, reste présent pour elle et continue de la fasciner? Elle se réjouit de retrouver ses traces dans la maison de campagne.

Irène, elle aussi, veut retrouver les traces de Maurice dans cette maison où elle a séjourné avec lui pendant trois semaines de vacances. Suite à la lecture du testament, elle laisse savoir à Clarisse qu’elle s’est attachée à ce domicile et veut y accéder à sa guise. Elle lui explique, sous des menaces à peine voilées, qu’elle n’hésitera pas à recourir aux tribunaux, si la progéniture de son amoureux s’oppose à ses désirs.

Clarisse trouve qu’elle est folle. Trois semaines d’attachement d’un côté contre 30 ans d’attachement d’un autre.

« Mon frère et mes sœurs ne seront pas d’accord avec elle. Je vais aussi leur redire que nous n’avons pas les moyens de payer un avocat pour la remettre à sa place » tonne (in petto) la liquidatrice.

Après son inventaire des biens, elle avait prévenu la fratrie que la succession comportait peu de sous et que la maison de campagne constituait l’élément central du patrimoine, le reste n’étant que des broutilles.

Jusqu’à ce jour, elle a épargné ses sœurs et son frère, qui habitent une autre ville, de la plupart des ennuis bureaucratiques liés à la succession. Elle est outrée mais, elle encaisse seule les doléances d’Irène, en espérant un miracle (que cette dernière change d’idée et retire sa demande).

Clarisse avait placé son père sur un piédestal. Il est désormais moins haut! « Comment a-t-il pu aimer cette harpie? » songe-t-elle.

Sa rancœur et sa rage ne trouvant pas de place dans son roman, c’est son amoureux qui reçoit souvent ses confidences et le trop-plein de ses émotions. Tout absorbée par ses nouvelles obligations légales, elle a perdu de vue son projet de rapprochement romantique…

Après un long moment devant son ordinateur, Yves vient la retrouver. Il a noté les dates des compétitions du patinage de vitesse et se rend compte, peiné, que ses vacances à lui tirent à leur fin.

« Clarisse, je vais devoir partir ».

« Quand? » demande-t-elle d’un ton stoïque.

« Dans deux semaines. »

les suites

Résumé
Clarisse a perdu son père, mort de la C difficile. La rivalité entre Irène et les enfants de Maurice est apparue à l’hôpital. À l’occasion de ce décès, Clarisse se rend compte de l’importance, pour elle, de ce lien avec le défunt, de qui elle s’est un peu distancée au fil des ans.

Épisode

« Je vais me reprendre avec mes hommes », songe-t-elle.

Elle recherche David, son personnage. Elle le trouve : il est échevelé, les mains pleines de partitions. Elle pensait avoir un meilleur contrôle sur la vie de cet homme, mais elle s’aperçoit qu’elle ne contrôle rien. Sur sa propre lancée, le chansonnier s’affaire avec son groupe. Il lui explique :
« nous travaillons sans relâche, mais le CD ne peut être prêt en un mois! »

De plus, David, guéri, devra bientôt reprendre son emploi de modèle, et alors la musique… à temps partiel!

Le projet de Clarisse se bute au rythme de l’écriture musicale. Elle croyait que la difficulté d’écrire ne s’appliquait qu’aux écrivains! Elle est étonnée, elle apprend!

Ce n’est pas le rebondissement qu’elle avait imaginé. Comment rendre ses textes captivants avec si peu d’intrigue? Elle devra inventer autre chose.

Sur ces entrefaites, une querelle éclate entre les musiciens. Deux partent en claquant la porte. David se dit qu’il les remplacera, mais le temps lui est compté…pour lui non plus, les suites de son Souffle ne se déroulent pas comme prévu.

Tout à son rêve, Clarisse a oublié la réalité. Cette fois, c’est la lecture du testament! Avec la complicité du notaire, qui ignore tout de la dynamique familiale, Irène se glisse dans la rencontre. Maurice, que la maladie a atteint en pleine activité, laisse des documents qui datent!
Il lègue tout à ses enfants. Irène (son amie, ou sa blonde, ou sa compagne ou sa conjointe, selon les perceptions) pince les lèvres et fronce les sourcils. Elle est la seule qui soit surprise.

Une mauvaise nouvelle attend néanmoins l’écrivaine. Elle se retrouve liquidatrice de la succession.
« Mais mon roman! Je n’ai pas le temps! »

Voilà Clarisse coincée entre deux devoirs, entre son père et son éditeur.

les adieux

Les Adieux
Résumé
Maurice, le père chéri est décédé après avoir contracté la C difficile à l’hôpital. Yves soutient Clarisse de son mieux, mais il ne peut lutter contre cet immense chagrin.

Épisode
Les enfants ont pris en charge l’hommage à leur père. Pas question de déléguer cette tâche à Irène; à ce sujet, ils ont été polis, mais fermes. Irène avait le dessus à l’hôpital et contrôlait leurs visites, mais sa suprématie est terminée!

La présence de cette femme dans la vie de leur père était récente, elle ne vivait pas avec lui, les enfants n’ont pas eu l’occasion de la connaître et de l’apprécier. À leurs yeux, elle ne fait pas partie de la famille et ils sont prêts à l’éjecter. Maurice serait déçu… Irène s’accroche et se présente avec ses filles aux funérailles. Impossible de l’évincer!

« Quelle cérémonie! songe Clarisse, quelques jours plus tard. Tout ce monde! De toutes les époques de la vie de mon père! »

Maurice avait connu un premier mariage sans enfant : c’était le règne de Natasha. Vinrent ensuite Cécile et leurs trois enfants. Suite à son veuvage, il était resté seul. Récemment, il avait fait place à Irène et à ses propres filles. Toutes ces personnes étaient présentes.

D’anciens collègues de travail se sont également présentés à l’ultime rendez-vous et ont dévoilé à l’assistance les prouesses de Maurice. Lui, si humble, n’avait jamais laissé entrevoir à ses proches, le rôle important qu’il avait joué auprès des institutions québécoises. Clarisse a jeté un regard nouveau sur le parcours professionnel de son père : une révélation pour elle… Elle est à la fois attristée de découvrir cette richesse si tardivement, et fière d’être la fille d’un tel pionnier.

Toutes les personnes présentes à la cérémonie se réjouissaient d’avoir connu Maurice. Il était remarquable, disaient les uns, exceptionnel, disaient les autres. Tous s’entendaient à le décrire comme un homme heureux et aimant. Ceux qui ont fréquenté Maurice ont souligné sa curiosité, sa culture et sa mémoire phénoménale.

« Je me suis laissé envahir par l’écriture », constate-t-elle avec regret. Elle a négligé ce lien qui, à une certaine époque, fut si vital pour elle. Malgré son immense tristesse, une question la hante : l’âme de Maurice vit-elle encore?

Elle se rend compte qu’elle est en train de plonger dans la même quête que son Laurent : l’après-vie. Comme lui, elle souffre du départ précipité d’un proche. Elle cherche des réponses et trouve finalement le site internet de l’INREES (1) où elle découvre les écrits de Stéphane Allix (2) . Elle commence la lecture de son dernier livre; il est évident que l’auteur croit en une survie de la conscience. Soulagée, Clarisse pense à l’avenir…

«Dorénavant, je vais soigner mes relations avec mes proches surtout avec mes hommes »

______________________________________________
(i) L’institut de recherche sur les expériences extraordinaires.
http://www.inress.com

(2) Allix, Stéphane,Le test, Albin Michel,2015

incroyable

Résumé
David continue ses enregistrements musicaux. Yves est de retour et séjourne avec Clarisse à la campagne dans la grande maison familiale. Ils sont tirés de leur retraite amoureuse par un appel annonçant que le père de Clarisse se trouve à l’urgence. Suite à une fièvre récalcitrante il a été hospitalisé.

Épisode
Clarisse aimerait être devin pour connaitre le sort ultime de son père. Les nouvelles médicales ne sont pas bonnes, Maurice a contracté la C difficile. Les médecins sont un peu déroutés par cette nouvelle souche très toxique. La romancière essaie d’en savoir plus. Elle appelle même Info-santé. « Ça dépend » se fait-elle répondre.

L’équipe médicale s’affaire, mais ne réussit pas à enrayer l’infection. Aux yeux de Clarisse, de jour en jour, c’est un peu plus de ceci, un peu moins de cela. Elle se tord les mains, impuissante à sauver son grand amour qui dépérit inexorablement. Elle est surprise de la profondeur de son attachement à son père; cette situation lui aura servi de révélateur…

Elle se croyait forte face aux drames familiaux; voilà qu’elle se découvre vulnérable, émotive, attristée. Et Irène qui se met de la partie! Elle se donne le rôle de l’autorité médicale (!) et tente de protéger son Maurice. Elle veut qu’il se repose et tente de maintenir ses enfants à l’écart. La lionne qui sommeille en Clarisse rugit. De quel droit cette femme peut-elle s’approprier son père?
« Je ne l’ai jamais aimé, cette belle-mère, encore moins maintenant! »

Un deuxième drame se développe donc en filigrane de la grave maladie de Maurice; une bataille entre l’amoureuse, récente, illégitime aux yeux des rejetons et eux qui sont là depuis toujours. C’est un duel épuisant pour les protagonistes. Qui peut se rendre au chevet de l‘aimé? Combien d’heures la personne peut-elle y rester? Irène veut tout gérer…

Heureusement, Maurice ne se rend compte de rien et mène sa lutte contre la bactérie. Mais elle est tenace; elle continue son avancée sournoise. Les jours passent, le patient s’est considérablement affaibli.

La douleur s’installe. Ce sera bientôt la morphine et son cortège d’inconvénients pour l’entourage.
« Il somnole tout le temps » se plaignent le frère et les sœurs.

Cette agonie lui rappelle la mort de Laurent. Pour Clarisse, c’est trop.

La voilà aux prises avec un double deuil…

Les mots pour décrire la fin manquent à l’écrivaine. Elle n’est qu’une fille éplorée.
Elle s’écroule.

Turbulences

Résumé
David travaille à Montréal avec ses musiciens. Yves, en vacances, accompagne Clarisse à la maison familiale du père. La romantique écrivaine est ravie, mais sa paix est de courte durée. Son frère Claude la prévient que leur père est retenu à l’urgence de l’hôpital régional.

Épisode

La fièvre se maintient chez son père. Les médecins soupçonnent une infection bactérienne et lui injectent une forte dose d’antibiotiques. Bien qu’affaibli, Maurice reste capable de manipuler son téléphone cellulaire et tente de rassurer sa fille chérie.
« Je serai bientôt tiré d’affaire ».

N’écoutant que son cœur, Clarisse bondit de sa chaise et se précipite à l’hôpital Saint-Joseph, situé non loin. Sachant que son père n’est pas en isolation, elle déjoue la bureaucratie hospitalière et trouve le chemin qui mène au malade. Malgré une fatigue évidente, il lui sourit et lui prend la main. Elle est contente, mais pas rassurée. Les longs moments passés à le regarder dormir n’arrangent rien.

De retour à la campagne, Clarisse oublie les échéances du roman à écrire, elle ne pense qu’à son papa. Aurait-il caché à tous son état de santé réel? Elle fouille sa mémoire et se reporte à leurs dernières rencontres. Elle cherche des symptômes, des signes, un comportement inhabituel… Rien. Elle ne repère rien. D’où vient cette forte fièvre? Mystère.

À la suite de persévérants appels à l’urgence, elle apprend que l’état du malade exige des soins continus et qu’il a été transféré dans une chambre avec d’autres patients. Les visites à l’hôpital se multiplient.

Yves, souvent délaissé, sent que Clarisse est triste, même si elle s’efforce de n’en rien laisser paraître. Il s’est fait discret pour laisser place aux enfants de Maurice. Les frère et sœurs se relaient dans la chambre qui leur semble peu ‘hospitalière’.

Le séjour de Maurice se prolonge, ses jours sont-ils comptés? Aux yeux de sa famille, la question se pose.