Lettre ouverte: Larousse et Robert

Chère Madame Larousse, cher Monsieur Robert,

Je regrette de vous importuner alors que vous êtes sans doute à la retraite. Compte tenu de vos âges vénérables, je vous imagine l’un et l’autre vivant en paix sur vos terres respectives. Vous y êtes protégés des tourbillons de la vie moderne. Vous avez cru à la tradition, surtout en matière de langage, et vous avez déployé des efforts continus pour la protéger.

Aussi, ai-je peur de vous chagriner en affirmant que des modifications s’imposent.

Je les ai vus, ils surgissent de partout : des escaliers naturels et mobiles, des stationnements, des vestibules, des trottoirs, des restaurants, des sièges de concert et j’en passe! Eh oui, les téléphones cellulaires!!!

Il m’apparait qu’il y a lieu d’introduire des changements dans vos définitions. Je vous signale que dans certaines cultures, le mot « attendre » est en voie de disparition.

Respectueusement,
Une amoureuse des mots.

Une campagne électorale

Si vous aimez la chef du Parti Québécois, ne lisez pas ce texte.

Beaucoup ont entendu parler du (ou des) coiffeur de Pauline. Ses cheveux, plats ou indisciplinés, requièrent, semble-t-il, l’attention quotidienne d’un spécialiste.

Peu ont entendu parler de la couturière de Pauline. Cette dernière se présente, comme à l’accoutumée, avec des échantillons de tissus. Pauline paraît particulièrement excitée aujourd’hui.
-Il me faut quelque chose de chatoyant, qui attire l’œil.

Surprise, la couturière sort des étoffes différentes de celles que Pauline a l’habitude de choisir.
-Aimeriez-vous ce taffetas?

-Très intéressant. Voyons un peu les couleurs… Rouge, certainement pas, ni vert, ni orange.

-J’ai du taffetas couleur prune qui vire sur le violet.

-Parfait. Voyons un peu les détails de la confection. Le corsage doit ressembler à une guêpière.

Surprise, la couturière hausse les sourcils.
-Ce sera différent!

-Oui, oui, c’est pour une occasion spéciale.

-Bon, il faut donc un corsage largement échancré et de fines bretelles?

-Tout à fait.

-Mais la jupe?

Pauline fouille dans les échantillons.
-J’aime assez ce tulle jaune…

-Du tulle couleur citron? S’exclame poliment la couturière.

-Oui, oui, de quoi réaliser de magnifiques frisons!!!

-Des frisons???

-Oui, oui, c’est pour l’intérieur de la jupe.

-Mais c’est une robe à danser!

-Oui, oui, j’ai tout prévu : les souliers et les bas spéciaux. Samedi soir, dans la circonscription de (…), il y a beaucoup d’électeurs indécis, pour eux, je danserai le « french cancan. »

Ce texte constitue une pure fiction.