Braver l’interdit

Je viens de franchir ce cap, je me suis acheté des pantoufles rouge vif.

Ma mère m’a toujours fait remarquer que les souliers rouges n’étaient pas pratiques. Tout au long de ma vie, je me suis chaussée de noir et de brun. Récemment j’ai ajouté du bleu marine à mes pieds.

Comme toutes les femmes de sa génération, elle m’a enseigné l’art de me vêtir de façon « assortie », i.e. avec des couleurs identiques ou de bonne association.

Je viens donc de franchir un double interdit en m’achetant des pantoufles rouges qui ne sont pas pratiques et m’assurent des tenues « déassorties ».

Il était temps, compte tenu de mon âge, de m’affranchir des diktats de mon enfance. Braver l’interdit sur les vêtements, c’était mon dernier bastion.

Je suis excitée, quelle victoire!

 

N.B. mon fils aîné, à qui j’ai raconté mon aventure, me dit que je suis maintenant à la mode : vêtements et accessoires sont « désassortis »,

Le déménagement

Si partir c’est mourir un peu,

déménager, c’est mourir tout court.

 

Mettre dans des boîtes et les étiqueter.

Transporter les cartons (comme disent nos amis français).

En avons-nous suffisamment?

Où entasser les colis qui sont prêts à l’avance?

 

Les déménageurs seront-ils à l’heure prévue?

Feront-ils preuve de précautions suffisantes?

Les bénévoles viendront-ils ??

Que de soucis!

 

Que de souvenirs m’assaillent au moment de passer de la campagne à la ville.

Après un séjour de deux mois, je déménage…

Mon cerveau deviendra une véritable girouette, car rien n’est au même endroit dans chacune de mes résidences. Mes yeux cherchent de haut en bas, de gauche à droite, de grand à petit. Même mon café a un goût différent.

Finalement, adieu la fosse septique, la cuisinière de vitrocéramique et les appareils de marque Sunbeam.

 

Vive mon nouveau décor, vive ma ville!