un tout petit mensonge

À un moment ou l’autre de notre vie, nous avons tous (probablement)

prononcé un mensonge pieux, « a little white lie » comme disent mes amis anglophones.

« Ne t’en fais pas,  ce n’est pas grave… »

« On se reprendra… »

« Ça ne me dérange pas… »

« J’adore… »

« C’est très réussi …»

« Cela me fait plaisir… »

« C’est intéressant… »

« J’ai beaucoup aimé mon voyage… »

« Je vais très bien… »

« Ce n’était pas nécessaire… »

« Je vais te rappeler… »

« Je suis contente de te revoir… »

Nous énonçons sans vergogne ces demi-vérités ou ces faussetés.

Bien sûr, nous avons des excuses, ceux qui nous ont précédés nous ont appris. Leurs proverbes, maximes, dictons et adages nous ont pénétrés.

« Faute avouée est à moitié pardonnée…»

« Une fois n’est pas coutume …»

« Tu ne t’en souviendras plus le jour de tes noces… »

J’ai bien entendu leurs propos, mais je n’ai jamais su les véritables émotions de mes parents.

Continuons.

« Ce n’est pas un mensonge, c’est une omission ». Cela n’a pas été dit, donc c’est moins grave. Inexactitude souvent entendue! Ceux à qui l’on a omis de dire la vérité ne sont pas de cette opinion.

 » Je ne sais pas ». Cette incertitude serait-elle parfois une autre façon de camoufler une opinion peu populaire? Évidemment, je ne parle pas des personnes dilettantes ‘ad infinitum’ qui ne pourront jamais se prononcer contre ou en faveur de…

 

Le tout petit mensonge et ses variantes nous guettent tous.

les oeillères

Autrefois, les chevaux en portaient.

Une longue tradition. Les œillères faisaient partie du harnachement de ces animaux. Elles limitaient leur vision périphérique  dans les situations stressantes : combats, guerres et courses. Elles existent maintenant en cuir ou en plastique.

Aujourd’hui, les humains se promènent avec des œillères.

Des capuchons garnissent les manteaux d’hiver; ils sont  souvent ornés de fourrure, réelle ou synthétique. Ils sont surtout profonds et, lorsque rabattus sur la tête, ils protègent merveilleusement du froid, de la neige et du vent. Un seul inconvénient, ils bloquent la vision périphérique.

J’ai rencontré récemment, dans une grande surface, une dame dont le capuchon couvrait et le front et les yeux. Que voyait-elle?

Que dire des écrans qui captivent les yeux des marcheurs. Pire que des œillères! Toute leur vision est limitée : l’environnement, les piétons, les feux de circulation, les automobilistes, rien n’est vu. Plus rien ne compte que ce petit rectangle lumineux,

Les œillères ne sont plus réservées aux chevaux!