Sourire

Mon quotidien est parsemé du sourire des autres.

Quel réconfort que ce petit mouvement des lèvres. Les premiers sourires m’attendent à mon centre sportif. Certaines abonnées sont d’une prévenance remarquable : « excusez-moi Madame » disent-elles en souriant et en tassant leurs ‘affaires’ pour me faire de la place. Vient ensuite la piscine. Je ne connais pas le nom de toutes celles avec qui je la partage, mais je connais leur sourire.

Le jour de ma visite éclair chez l’optométriste, j’ai aperçu une vedette de notre cinéma et de notre télévision. Elle m’a adressé un sourire chaleureux, à moi, une inconnue!

J’avoue que je suis impressionnée par les sourires et les gentillesses des personnes que je ne connais pas. « Après vous Madame », « Bonne journée Madame ».  Ces propos viennent de toutes les races et de tous les âges. Quel luxe!

À ma liste, il faut ajouter le concierge, le voisin, le chauffeur d’autobus, etc. Mon quotidien est bien vivant, rempli de sourires.

Je rends, bien sûr, ce qui est reçu. Un plaisir partagé : de la bienveillance et de la joie de vivre.

Pour y arriver,  il suffit de regarder autour de soi avec un sourire dans les yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

les virus

L’automne, c’est le temps des virus : rhumes, laryngites, bronchites, etc.

Cependant, il y en a d’autres…

La contagion est commencée : ils se répandent à grande vitesse.

Premier virus.

Après avoir cherché les protéines, après les avoir trouvées (parfois dans des substances les plus inusitées, comme les grillons!), voilà maintenant qu’il faut apprendre à mieux les consommer au fil de chaque jour. Les nutritionnistes ont changé de point de vue : les calories, leur pesée et leur calcul ont cédé la place à une nouvelle  préoccupation. Absorbez-vous suffisamment de protéines? Au bon moment? Elles vous garderont en santé longtemps, vous vieillirez mieux! Mes amis disparus auraient dû le savoir!

Vous en apprendrez davantage en 2019, lorsque paraîtront les directives du Guide alimentaire canadien (partie 2). En attendant, il faut se fier au journal et à la boulangerie St-Méthode où « l’on n’y met que du bon ».

Un autre virus

Le « cardio » a envahi mon club sportif qui m’apparaît  complètement changé. Le « cardio » me semble devenu un mot d’ordre. Mes cours en piscine ont été transformés pour répondre à ce diktat. Vingt-cinq fois le même mouvement, vingt fois le suivant. Je me plains de l’aspect routinier: l’animatrice m’explique : « C’est bon pour le cardio… c’est important le cardio ».

J’ai compris qu’il était inutile d’insister : finies la musique et les valses. Jusqu’à récemment, cette même femme me faisait danser dans l’eau.

Je regarde les horaires de cours, je me renseigne auprès de mes amies fidèles aux activités aquatiques. Je ne sais plus où donner de la tête pour  m’amuser dans la piscine… Je ne suis pas « cardio ».

Marchez, courez, nous répète-t-on. Je le fais peu, me semble-t-il. J’ai souffert de culpabilité jusqu’au jour où mon médecin m’a demandé si je pensais m’inscrire à un marathon. Sa question m’a guérie de ce virus.

Encore un virus

Le temps « réel ». Je l’avais vu publicisé dans différents médias, mais quel choc le jour où l’instructeur du cours d’aquaforme nous a dirigés, son cellulaire à la main. Il le consulte entre deux consignes et ne le délaisse qu’au moment où il lui faut deux mains  pour démontrer un mouvement. Les deux tiers de notre rencontre étaient écoulés: je suis partie. À d’autres le temps réel!

Ce billet exige une « chute » : ce sera la mienne, femme d’une  époque vierge de ces nouveaux virus…

en 2018

La libération de la parole, le pouvoir des femmes, on en parle beaucoup, on en parle partout et pourtant…

Je suis au volant, arrêtée à l’intersection d’une grande artère de la métropole et j’observe…

Je vois un homme grand, mince qui traverse la rue. Il balance un petit sac au bout d’un de ses longs bras.

« Est-il seul? »

Je me pose la question jusqu’au moment où je vois, un peu derrière lui, une femme blonde au visage crispé, tenant dans ses bras un bébé d’environ 10 mois. Elle, et une fillette également blonde, tentent de rejoindre le grand gaillard qui regarde droit devant lui et qui avance à longues enjambées. Une autre petite fille, blonde elle aussi, essaie de suivre l’homme; elle se retourne soudainement vers sa mère et hésite : suivre son père si allègre ou sa mère si lourdement chargée. Quel dilemme! À trois ans, devoir choisir entre le pouvoir ou la sécurité…

Cette femme qui vit en 2018 a passé à côté de son époque…

L’observatrice que je suis, continue de se poser des questions…