retrouvailles

Résumé

L’écriture d’un deuxième roman connaît beaucoup d’obstacles, malgré les bonnes intentions de la lauréate d’un prix du gouverneur général et malgré un retour à son appartement de la grande ville. Déjà novembre. Heureusement, la première tempête de neige n’a pas empêché le retour de son nouvel amoureux.

Nouvel épisode

Leurs retrouvailles sont dignes des meilleurs romans. La frénésie est au rendez-vous. Les vêtements se sont envolés et traînent de-ci, de-là.

« Je ne croyais pas vivre de tels émois à 52 ans! » se dit Clarisse.

Submergée d’images, de désir, d’espoir, mais aussi de crainte, elle balbutie lorsqu’on lui demande des nouvelles de ses amours.

Sa vie avec Philippe était plus calme. Douze années de vie commune. L’amour des mots les avait réunis, ainsi qu’une tendresse profonde, mais la passion???

Cette fois, c’est la déferlante! Elle éprouve des sentiments inhabituels, et pourtant, elle a connu cet homme lorsqu’elle avait 27 ans! De trois ans son cadet, il poursuivait une carrière de patineur de vitesse. Leurs fréquentations avaient été substantielles, leur vie commune, plutôt brève. Elle fouille dans ses souvenirs, revoit sa vie, leur vie… et se rend à l’évidence :

« C’est moi qui suis différente. »

Clarisse se remémore cette période où, sans beaucoup réfléchir, elle s’était abandonnée au tourbillon des événements et à l’amour qui se présentait à elle. Elle avait réussi à s’affranchir de sa famille et de sa religion, mais elle s’était, en même temps, un peu affranchie de l’engagement amoureux.

« Mes sentiments étaient peu profonds… »

Le présent la comble. Toute à la joie de cette expérience nouvelle, elle oublie son Laurent qui en profite pour vivre sa vie, sans regard extérieur. C’est une période faste pour chacun d’eux.

Clarisse a peur de la solitude liée au départ de son amant. Elle n’ose pas s’enquérir de ses horaires de travail. Elle s’interroge :

« N’y a-t-il pas des anneaux de glace au Québec? »

un retour attendu

Résumé
Clarisse tente d’écrire son deuxième roman. Laurent son héros ne se comporte pas comme prévu. Sa vie personnelle non plus : deuils, absences, diversions plurielles. Son nouvel amoureux travaille à l’étranger.

Épisode
Eh oui, Clarisse se résigne à l’admettre : elle attend Yves. Le courriel lui a permis de suivre les déboires de son amoureux : le patinage de vitesse des équipes québécoises n’est pas à la hauteur des attentes de leur entraîneur.

Il sera là dans deux jours et elle pourra lui sauter au cou. Fébrile, elle arpente les différentes pièces de son appartement et se met à songer à son héros littéraire. Elle n’a pas pris contact avec lui depuis l’atelier « vie et mort ».

Elle retrouve Laurent penaud, atterré, assombri. Elle le reconnaît à peine, lui toujours si joyeux.

« J’avais, sans équivoque, repoussé l’idée de la mort, mais dans ce groupe de discussion, j’ai dû y faire face… et avec la défaillance de mes reins… Je ferais mieux de consulter mon néphrologue. »

Son statut lui permet de prendre rapidement contact avec son médecin. Il revient de cette visite complètement rasséréné.

« Je peux continuer l’hémodialyse pendant de longues années. La greffe de rein n’est pas une cure magique, elle comporte beaucoup d’inconvénients auxquels je ne tiens pas…  »

Pas du tout anxieux, il la quitte pour retrouver ses amis et sa chère Luce.

Clarisse lui envie ce calme, elle qui continue de tourner en rond… Elle arrive devant la grande fenêtre et s’étonne : « la première neige! Et ma petite voiture garée en face! »

L’averse de flocons se mue en tempête et la romancière observe le ballet des équipements municipaux qui envahissent sa rue : ils repoussent systématiquement la neige vers le côté gauche de la chaussée, dégagent le trottoir de droite, répandent de l’abrasif…

Ce qui fascine Clarisse, c’est la construction du banc de neige le long de son auto. C’est l’oeuvre de plusieurs chasse-neige qui s’acharnent à libérer l’asphalte de la blancheur qui se renouvelle. Au bout de deux heures, l’accumulation de neige devant sa voiture est quatre fois plus haute que celle qui recouvre le sol. Impossible de sortir de là sans de nombreux coups de pelle… Clarisse réalise que la construction d’un banc de neige nécessite un peu de neige, mais surtout, beaucoup de charrues!

« Yves pourra-t-il revenir par ce temps? »

Le lendemain, tard en soirée, un coup de sonnette la fait tressaillir. Elle se précipite vers la porte.

« C’est lui! »