une cuisine incomplète

Une cuisine incomplète…

Je suis à nettoyer ma louche et je me rappelle les habitudes de ma grand-mère maternelle.
Nous n’étions pas pauvres, nous aurions pu nous offrir une louche. Mais non, j’ai passé mon enfance et ma jeunesse sans elle.

Cette grand-mère anglophone habitait avec nous depuis mes trois ans. Elle savait manier une tasse.
Elle s’en servait pour verser la soupe et aussi la sauce (qu’elle appelait ‘’gravy’’). Elle ne connaissait pas la louche, ma famille non plus; nous n’en avons pas achetée. Je ne me posais pas de questions…

Lorsque mon aïeule nous a quittés, j’étais plus âgée : j’ai visité d’autres cuisines et j’ai découvert la louche. Je me suis empressée d’en acheter une.

La douleur chronique

Une dent, un genou, une épaule, un dos ou un pied, qui fait mal sans relâche.

La sensation qui y est liée nuit à la concentration habituelle; elle absorbe beaucoup d’énergie, il y en moins pour tout le reste.

On s’y fait, on s’habitue à cette partie douloureuse et on essaye de mener une vie « normale ».

Cela nécessite beaucoup de sang-froid et de bravoure. Il faut « faire avec », d’autres disent « c’est la vie ! ».

Quel que soit le point de vue, c’est embêtant… c’est gênant…

On s’en passerait volontiers.

L’inconscient

L’inconscient, cet amibe insaisissable! Il fait le délice des psychanalystes.

Cette partie de moi prend de la vigueur avec l’âge. Les associations que mon inconscient se permet sont merveilleuses, surprenantes et … appropriées.

L’autre jour, je réfléchissais à ma douleur chronique et l’image de Barbara s’est imposée : elle chante Nantes, la douleur de manquer le dernier rendez-vous avec son père.

Ce merveilleux inconscient, sur lequel je n’ai pas de contrôle remplit ma vie de surprises, souvent délicieuses, parfois malheureuses.

Elle peuple aussi mes rêves, ceux qui sont roses et ceux qui sont cauchemardesques, selon…

Malgré tout, je l’aime.