Loin des villes

Les Racines et les Ailes m’ont fait visiter quelques villages de la Haute Provence : minuscules et haut perchés. Quelques personnes se consacrent à restaurer un château ou une église. Ces ruines datent du moyen âge, de la renaissance ou plus récemment (!) du XVIIe siècle. Tous les résidents y participent. Les Français ont le sens de la conservation du patrimoine.

Accroché au mont Ventoux, un village revit grâce à quelques irréductibles qui ne lésinent ni sur leur temps, ni sur leur énergie. Dans ces petits villages, des miracles : une librairie, un brasseur qui pratique son métier, une grande place vers laquelle convergent des rues particulièrement étroites.

Comment se déroule le quotidien dans un hameau de ce genre? J’imagine une vie simple, rythmée par la nature : le soleil et le vent.

Au fond, c’est comme ma vie à la campagne sans tous les équipements électroménagers modernes. Je fais la lessive si le soleil le permet, je vis dehors si le vent ne souffle pas trop fort, mais je n’habite pas, pendant la saison froide, la pierre humide.

Je préfère, somme toute, le confort minimal de mon petit chalet à celui, patrimonial, de la Haute-Provence.

 

Les insectes…

Les araignées ne s’amusent pas seulement dans et autour de mon chalet, elles sillonnent les routes.

L’autre jour, j’ai compté un convoi de 19 motocyclettes, à deux ou à trois pattes. Pour ceux ou celles qui l’ignorent, une araignée est une moto à trois roues, souvent de couleur vive.

Les personnes moins jeunes adoptent les trois roues; elles raffolent de ce jouet, malgré son prix élevé.

Si vous voulez en voir un grand nombre, rendez vous à Lachute un dimanche matin, de préférence pendant les vacances de la construction québécoises. Cette ville constitue le paradis de la moto et donc, des araignées.

En sortant aujourd’hui avec ma petite auto, j’ai été poursuivie par une rutilante araignée jaune vif.

Pas de vacances pour les araignées, les tissent ou elles roulent sans cesse.

La gazonite

Maladie qui fait son apparition au printemps et qui dure plusieurs semaines. Les hommes en sont surtout affligés. Pour certains la maladie devient gravissime.

Le choix des semences n’est pas laissé au hasard

La mise en terre nécessite beaucoup de « tapotage » et d’arrosages quotidiens.

L’entretien :    éliminer les pissenlits

mettre l’engrais approprié (naturel?, chimique?)

tondre à la bonne hauteur et à la bonne fréquence

le faire soi-même? déléguer?

La surveillance :

s’assurer que chaque étape a été réalisée à la perfection

Puis en être fier.

 

Dans le voisinage de mon chalet, les pelouses courent partout compte tenu de l’absence de clôture d’un terrain à l’autre : le résultat est visible par tous.

Les femmes (c’est une généralisation abusive) s’intéressent davantage aux fleurs. Ces amoureuses les entretiennent avec constance.

 

Les résultats de tous ces efforts combinés s’avèrent très agréables à l’œil.

J’en profite…

La gentillesse existe encore

Je suis une citadine, mais je passe l’été dans un petit village. Certes la campagne « post inondation » est bruyante compte tenu des réparations de tous genres, mais les ‘inondés’ font preuve de beaucoup de gentillesse, malgré leurs malheurs.

« Es-tu en forme? » s’enquièrent mes voisins.

 

Ici, au fond de ma campagne, tout le monde se dit « bonjour » et les « bonne journée » ou « bonne fin de journée » des caissières sont senties.

« Madame, votre paquet me semble bien lourd, je vais le porter à votre voiture » me dit cet inconnu.

« Ce chariot à provisions ne roule pas bien » et la dame de m’épauler en donnant une poussée supplémentaire.

« La crème qui vous été prescrite est-elle efficace? Vous sentez-vous mieux? » me demande le pharmacien.

« Venez n’importe quand, on prendra un verre de rosé », offre la copropriétaire d’une galerie d’art.

Même les gens que je paye redoublent d’attentions « prenez soin de vous, je vais le faire ». « Cela vous convient-il? »

On me tend le bras, lorsque je risque de tomber.

 

En somme, dans ma campagne, je suis entourée de personnes gentilles.