Coup de balai?

Résumé.
Réfugiée à la campagne, dans la maison de son père, Clarisse tente d’écrire un deuxième roman dont Laurent est le héros. Malgré un abonnement forcé à l’hémodialyse, il vient de se mettre à l’équitation avec Luce, la nouvelle femme de sa vie. De son côté, Clarisse se remet lentement de la disparition de son conjoint Philippe. Yves, un amoureux d’autrefois, apparaît dans le décor; elle succombe finalement aux charmes de son côté artistique. L’auteure et la femme se retrouvent en conflit quant à l’emploi de leur temps.

Nouvel épisode.
Les peintres, les sculpteurs et les écrivains ne l’ayant pas aidé à voir clair, Clarisse, impétueuse, s’est immédiatement mise au ménage intérieur, convaincue, que la raison et le vouloir règleraient son trouble…Hélas…

En la matière, Laurent ne lui est d’aucun secours. Il est plus jeune, de formation scientifique, préoccupé par la survie, et de plus, il fait partie du problème!

« Vers qui me tourner pour m’aider dans ma démarche? » Elle cherche, survole en pensée son réseau personnel, nul mentor à l’horizon…

« J’espère que Laurent est à l’abri des tumeurs. » Clarisse craint le cancer plus que tout, bien qu’elle sache que la défaillance des reins de son héros a d’autres causes…

Elle peine à se concentrer, navigue d’une préoccupation à l’autre; ses nombreuses tasses de thé ne l’aident pas. Elle finit par s’incliner devant le mystère de son désarroi…

« Je vais rentrer chez moi. Ce sera une première étape ».

L’épais manteau de brume qui s’est abattu sur la campagne facilite sa décision. Les fleurs sont fanées depuis longtemps et bientôt les squelettes des feuillus se dresseront pour annoncer la mort de l’automne. Même le crissement des planchers de bois lui semble lugubre.

Ses pensées errent de-ci de-là. « Yves se délecte à écouter la voix humaine, il adore les concerts de Noël, je pourrais l’accompagner… Et puis je retrouverais mes bijoux ». Une nouvelle coquetterie s’annonce chez l’intellectuelle qui jusqu’à maintenant, ne s’était guère intéressée aux attributs féminins.

« Laurent galope sans doute sur un cheval… mais moi, même sans coursier, je vais rentrer, ventre à terre. Vivement l’avenue des Érables!»

Désarroi

Résumé. Réfugiée à la campagne, dans la maison de son père, Clarisse tente d’écrire un deuxième roman dont Laurent est le personnage central; les reins de ce dernier ont flanché et il doit se résigner à l’hémodialyse. Malgré tout, il veut essayer l’équitation. De son côté, Clarisse se remet lentement de la disparition de Philippe, son conjoint. Yves, un ancien amoureux a refait surface…

Nouvel épisode.
Laurent est heureux lorsque Clarisse s’occupe de lui, ici, dans la grande maison familiale.
« Mais je m’ennuie de mes plantes, et puis Noël s’en vient. De plus, il faudrait que je sorte de ce justaucorps qui me tient lieu de vêtement! Enfin, je dois l’avouer, Yves me manque! »

Comment organiser sa vie entre ses deux hommes? « Je les aime tous les deux! » s’écrie Clarisse. Déchirée, partagée, elle erre dans la demeure familiale.

Pendant ce temps, Laurent, galope, heureux, vivant. Il découvre de nouvelles sensations. « Luce! Quelle merveilleuse idée! » Ensemble, ils dévorent champs et forêts. « Je n’ai pas les moyens d’acheter une bête, mais je louerais volontiers des chevaux qui appartiennent à l’écurie de Josiane. » Luce et lui devisent des coûts et des horaires, comme si le temps n’était pas compté.

Clarisse continue de tourner en rond.

« Comment tout concilier? Avec Philippe, c’était facile. Ses allers-retours de la maison étaient quotidiens, ses horaires prévisibles. »

Selon sa mauvaise habitude, elle cherche une solution à l’extérieur d’elle-même et se met à fouiller dans les biographies d’artistes achetées par sa mère. Après le décès de Véronique, personne n’a osé toucher à sa collection de livres. Peintres, écrivains, sculpteurs sont restés sur les étagères pour le plus grand plaisir de Clarisse qui repère chez ces hommes et ces femmes les conditions favorables à la création…

D’après ce qu’elle a lu, les écrivains disposent d’une plus grande marge de manœuvre : s’isoler dans un autre lieu (ce qu’elle a toujours pratiqué), s’isoler dans le temps (selon des horaires fixes, ils sont « ailleurs »).

Clarisse hésite… cherche sa voie…

Le soleil couchant illumine le paysage, les arbres se parent de couleurs plus vives; décor de rêve. Insensible à la beauté qui l’entoure, Clarisse est d’humeur chagrine et reste concentrée sur la recherche d’une éventuelle vie heureuse.

« On dirait que je ne suis pas née pour le bonheur… Je n’arrive pas à me réjouir longtemps ».
Plongée dans ses pensées, les injonctions de son enfance lui reviennent: il ne faut pas trop en demander… la vie n’est pas une partie de plaisir…

« Ce n’est pas drôle tout ça! Quelle vision étriquée de mon avenir! »

Clarisse perçoit qu’un grand ménage s’impose dans sa tête et dans sa vie.