Virus, en garde!

Le mal de gorge qui s’est répandu au cours des dernières semaines me rappelle Les animaux malades de la peste :

« …ils n’en mourraient pas tous, mais tous étaient frappés… »

Cette épidémie moderne a touché jeunes et vieux, incommodant sérieusement les uns, terrassant les autres. Dix jours d’inconfort et de misère. Perte de voix temporaire pour plusieurs; difficile à soigner, le silence n’étant plus à la mode.

À cette occasion, un vieux rite catholique m’est revenu en mémoire : la bénédiction des gorges. Voilà la solution!

Le 2 février, les chandelles, à qui on attribuait des vertus protectrices, étaient bénies à l’église paroissiale et destinées à des fins liturgiques ou domestiques : c’était la Chandeleur, la fête de la lumière. Le lendemain, à la Saint Blaise, les fidèles défilaient et s’agenouillaient à la table de communion pour permettre au célébrant d’apposer des cierges de chaque côté de leur gorge.

« Par l’intercession de Saint Blaise, évêque et martyr, puisse Dieu vous délivrer de tous les maux de gorge et de tout autre mal… »

Notre mère la Sainte Église avait pensé à tout. C’était le Tamiflu de l’époque

Le syndrome de la personne qui vit seule

N.B. Avant de vous fâcher, prenez note que l’auteure vit seule.

Cette étiquette est très récente, pas encore inscrite par les psychiatres dans le DSM-IV. Les psychanalystes n’ont pas davantage pensé à ce diagnostic, habitués comme ils le sont à écouter des soliloques. Et pourtant, un véritable monologue est généré par la personne seule qui rencontre des oreilles, par la voie des ondes ou in situ.

Il s’agit d’un individu, par ailleurs tout à fait normal et apprécié de son entourage. Cependant, lorsqu’il rencontre un humain en apparence disponible, un déclic (d’ordre inconscient) se produit dans son cerveau et les vannes de la parole s’ouvrent toutes grandes. Longtemps retenus, les récits, pensées, impressions, opinions déferlent tel un tsunami. Les phrases se succèdent pour créer un discours-fleuve qui plaira ou non, selon les circonstances.

« Enfin, pouvoir dire, expliquer, raconter, partager…»

Privé d’espace de parole, l’interlocuteur peut trouver les propos interminables, malgré la vivacité, l’humour ou la culture qu’ils contiennent. Il lui faut être patient; le flot finit par se tarir et le dialogue peut s’instaurer.

Ce syndrome peut varier en intensité selon certains paramètres. Les facteurs de risques sont à l’étude…