Les images

On m’a souvent reproché de ne pas émailler mes textes « d’images », surtout celles de la langue.

Nos chroniqueurs et nos romanciers l’ont fait avant moi, et de fort belle façon. Exemple :

  • ce que savait la nuit
  • les buis luisent, cirés de lumière
  • le matin arrive avec la couleur d’une autre nuit
  • arrêter la pluie en dansant

Couleur des mots, figures de style et plus encore.

Chacun ses talents, les miens ne s’étendent pas aux images.

 

Quelque jours plus tard, dans mon journal quotidien: l’auteur parle des noms de villes, « ils sont restés dans ma mémoire comme des couleurs fanées, des bruits sourds, des odeurs évanouies, mais aussi comme la musique ancienne et magnifique qui nomme un pays ». Yves Boisvert, parlant de l’Abitibi, La Presse, 24 mai 2019.

L’impuissane

Ce texte sera court et pour cause…

Si vous croyez que je vais vous entretenir de l’impuissance virile, détrompez-vous. Je suis une femme et je m’attarde à l’impuissance psychologique.

 

Les éternels optimistes parlent de frustration, les sociologues, d’aliénation, j’écris sur la dimension psychologique. L’impuissance, c’est comme une anesthésie… rien à faire, impossible d’agir pour contrer le négatif. Sensation détestable, s’il en est une.

Je me pensais pourtant aguerrie, je pratique le lâcher-prise depuis ses dernières années, avec efforts, mais je réussissais. Cette fois, je voulais, mais l’impuissance m’a rattrapée…ma santé mentale vacille.

Je me souviens du temps où, conférencière, je prônais de fuir l’impuissance à tout prix, pour faire rempart au stress. Je prêchais l’action, la réaction positive. De beaux mots me dis-je, aujourd’hui que je suis piégée.

Je ne peux rien contre la météo, la maladie et la mort de mes amis(e), le vieillissement, les séparations, les angoisses de mes proches.

Je ronge mon frein et je « prends sur moi », comme le veut la sagesse populaire.

Je cultive donc les petits plaisirs, ceux sur lesquels j’ai du contrôle.

Pendant ce temps, j’oublie l’impuissance.

 

 

Drôle de société!

Je vis dans une société moderne et démocratique.

Voici ce que j’ai trouvé récemment à la lecture du quotidien La Presse : des associations, des fondations, des regroupements, des ordres, des corporations, des instituts, des cercles, des ligues, des organisations, des centres, des représentants (de l’enseignement, de l’enseignement à domicile, des soins infirmiers, des super-infirmières, etc.).

J’ai poursuivi mes lectures : des sociétés, des chambres, des observatoires, des conseils, des secrétariats m’apparaissent,  sans parler des nombreuses commissions.

Les comités sont innombrables : comités consultatifs, comités exécutifs, comités à l’éthique, comités paritaires, comités ad hoc et sous-comités de tout acabit.

Les endroits d’expression, forum, congrès, colloques, festivals foisonnent, sans oublier les réseaux sociaux. Et les championnats?

Sans compter les partis politiques et les divers gouvernements.

Il y a des lieux d’inclusion pour beaucoup de personnes, MAIS,

il y a aussi des formulaires, des comptes rendus, des rapports, des permis; beaucoup de strates bureaucratiques à franchir pour obtenir… ou parvenir à…

Devant cet écheveau d’instances, je suis perplexe.

Drôle de société!

 

N.B. Ces appellations possèdent chacune un logo. Le suivant remporte la palme du logo le plus mystérieux et difficilement déchiffrable : FECHIMM, Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du grand Montréal.