La traction intégrale

La publicité des constructeurs automobiles décrit toutes les merveilles de la traction intégrale; cela m’inquiète et me dérange sérieusement.

Dernier message sur ma télévision : cette auto, munie de la traction intégrale « roule sur des routes où personne ne s’aventure ».

C’est tout dire de cette invention extraordinaire.

Rien ne l’arrête, ni ne  l’embête : elle se moque de la pluie, de la neige et de la glace noire. Elle peut tout, par toutes les météos. Elle n’est pas intégrale, elle est inconditionnelle. La publicité me montre ses déplacements et la neige qui décrit un arc comme une vague.

Cette toute-puissance me perturbe surtout lorsque je conduis sur des routes enneigées et glissantes, lentement, comme on me l’a appris il y a 50 ans. La leçon « comment conduire sur les routes glissantes » ne s’est pas logée dans le cerveau de ceux qui possèdent une voiture munie d’une traction intégrale. Ce n’est plus nécessaire! Ces merveilleuses automobiles me dépassent allègrement dans les tempêtes, puisque leur conducteur se fie à la traction intégrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles récentes (news)

Dans le passé, j’ai eu peur des manifestations.

Aujourd’hui, il me semble que les médias me rapportent quotidiennement une manifestation, une protestation ou une participation citoyenne (les termes varient).

Les chaînes télévisées sont ravies de ces reportages et me les présentent avec célérité;  elles n’en manquent pas une. Elles sont certainement très occupées, il y des revendications partout sur la planète. Beaucoup de pays sont touchés : le Canada, l’Inde, le Pakistan, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Hongrie, les États-Unis, le Soudan, l’Amérique latine, l’Afrique du Sud, l’Angleterre et j’en passe…

Montréal ne fait pas exception; les rues de son centre-ville sont régulièrement envahies pas des piétons qui protestent ou soutiennent diverses causes; ils nous le font savoir avec force : slogans et « pancartes ». Ce ne sont pas encore des milliers de gilets jaunes, mais nous avons eu le printemps érable… j’avais plus de 70 ans, la peur m’a envahit. Le soir, le son des casseroles tout au long de ma rue… Je me demandais jusqu’où cela irait… Une révolution se tramait-elle? J’avais lu sur la révolution française! Mes tripes étaient touchées.

Pour moi, c’était une première. J’ai eu la chance de vivre au Québec. Dans ma ville, les dernières années avaient été relativement calmes; je n’avais pas l’habitude de ce type d’expression.

Les Québécois prennent goût à faire valoir leur point de vue; cette participation des citoyens me semble croître avec les années.

Dans ma province, il y a eu une mode de la rénovation, elle était très répandue, maintenant je crois que c’est la manifestation!

 Maintenant, j’ai moins peur.

 

 

 

 

Émerveillée

Souvent.

La robinetterie que j’observe dans les salles de bain de mes amies ainsi que  les toilettes des commerces et des salles de concert se présente sous des formes très variées. Au fil des ans les modèles se sont multipliés: ils sont courbés, carrés, à angle droit. Il me faudra bientôt un certificat d’études supérieures en robinetterie pour savoir, en tant que nouvelle utilisatrice, quoi activer et dans quel sens.

Les documents publicitaires que je consulte ne m’aident en rien. Les images, en deux dimensions, sont fixes et le robinet, toujours fermé. Je vais donc tâtonner encore et encore jusqu’à ce que l’eau jaillisse.

 

S’il y a de l’eau dans les éviers, il y en a aussi dans les lacs et, là encore, je  continue de m’émerveiller. Nouvelles embarcations, nouveaux sports. Les planches à voile que j’ai connues ne sont plus à la mode. Elles sont remplacées par des planches allongées et plates sur lesquelles les adeptes restent debout et se déplacent (par petit vent) munis d’une pagaie longiligne. D’autres amoureux de l’eau et de la planche glissent à l’aide d’une sorte de cerf-volant et s’envolent parfois (par grand vent). Un autre, dont j’ai oublié le nom, s’ajoute à la liste des sports aquatiques.

Et les pontons! Des salons flottants, souvent couverts, où presque tout est possible, à vitesse réduite bien entendue.

Une personne d’âge mûr ne peut que s’émerveiller…