Le bruit

Je suis, comme mon chat, très sensible aux bruits.

J’ai donc délaissé le bruit de la ville avec ses camions, ses poids lourds, ses autobus et autres engins; j’ai opté pour la campagne. Mais il y a aussi des bruits dans ce nouvel environnement.

 

Aujourd’hui, il pleut, donc congé de bruits extérieurs : pas de moto marine, pas de bateau à haute vitesse, pas de tondeuse, pas de tronçonneuse, pas de déchiqueteuse, pas de motocyclette, pas de livreur de terre dont le camion recule souvent. La paix…

Dans mon vieux chalet de bois, certains bruits ne se taisent jamais. Cette vieille carcasse toute croche s’exprime : craquements de tous genres. De plus, la pluie crépite sur le toît de métal.

Je me réjouis néanmoins de ce silence relatif, les fleurs qui poussent et les araignées qui tissent ne sont pas bruyantes.

 

 

 

une denrée précieuse

Les enfants en débordent, les personnes vieillissantes en ont de moins en moins, les personnes épuisées, accidentées ou très malades la cherchent désespérément. Quel est ce bien si précieux? L’énergie.

Pas celle des compagnies qui fournissent de l’électricité, pas celle des mouvements écologistes, mais cette mystérieuse qualité individuelle qui est la base de notre vitalité matérielle et spirituelle.

Sans elle, rien ne va plus.

Lire… pas envie.

Rédiger… pas envie.

Jouer… pas envie.

Déambuler…pas envie.

Communiquer…pas souvent, pas longtemps.

Manger…pas faim.

 

Le manque d’énergie affole les hyperactifs et attriste ceux ou celles qui sont habituellement actifs.

Cette force, cette poussée vers… délivre du repos et de l’inactivité. Le désir de … se manifeste chez une personne dont les « piles personnelles » sont rechargées (expression préférée d’un ami).

Sentir à nouveau l’énergie, c’est renaître, revenir à la vie.

 

 

Les limites du « rationnel »

Que de décisions sont prises hors du « rationnel », l’émotion est survenue au moment d’agir :

  • l’achat d’une maison en zone inondable
  • un déménagement subi
  • une retraite immédiate

La liste pourrait s’allonger, celle des gestes « irrationnels » ou appelés « instinctifs » par d’autres personnes.

L’émotion et la logique se confrontent depuis longtemps : tantôt l’une, tantôt l’autre, triomphe.

« Il ou elle n’aurait pas dû », l’entourage est surpris par « l’irrationnel ». Mais, il est trop tard pour mettre du « rationnel » dans ce qui est « irrationnel ». Lorsqu’un sourire radieux domine, le « rationnel » ne peut que s’incliner.

Il doit aussi s’incliner devant les objectifs poursuivis par certaines personnes : « c’est le rêve de ma vie ». Certains rêves s’inscrivent mal dans la réalité quotidienne donnant lieu à des conflits intérieurs.

L’âge de l’apaisement est-il le lot de tous?

 

 

 

 

La confiance

Je l’ai déjà eu, je ne l’ai plus …

J’ai réalisé récemment combien la confiance est importante dans la vie.

Avant, j’avais confiance que les automobilistes respecteraient les codes de la route : tenir compte des feux de circulation, ne pas dépasser dans une courbe, laisser passer une auto qui cherche à changer de voie, etc.

J’avais confiance que les piétons ne s’engageraient pas à traverser une rue sans regarder en haut et autour, afin de s’ajuster au besoin…

J’avais confiance que les cyclistes profiteraient des passages qui leur sont réservés.

J’avais confiance que les scooters, motos et autres véhicules à moteur se déplaceraient raisonnablement…

Avant, je croyais pouvoir prédire la tournure des événements, grâce à ma connaissance des comportements de l’autre, maintenant c’est fini et je suis souvent affolée sur une route où je ne peux prévoir…

Un être mystérieux

Les mystères de mon chat.

Malgré tout ce que j’ai vu et lu, je ne comprends pas un certain nombre d’aspects chez mon chat: je ne comprends pas ses goûts alimentaires et ses horaires (si variables), ni ses choix de lieux pour dormir en solitaire, ni ses marques d’affection subites, ni ses réveils insolites, ses apparitions inopinées, etc. Par temps chaud, il n’est pas attiré par mon balcon ensoleillé. J’y perds mon latin! Serait-il stupide? Ou fou?

 

Pourtant mon langage quotidien et celui de beaucoup de Québécois se réfèrent à cette race d’animaux.

  • Se lécher les babines.
  • Manger des langues de chat.
  • Faire un lavage de chat.
  • Flatter dans le sens du poil.
  • Faire une toute petite sieste (« A CAT NAP » selon les anglophones).
  • Que dire de la ruse, de la grâce et de la souplesse féline!

 

Il m’arrive d’aimer, même si je ne comprends pas, je continue donc de caresser!

 

 

Les images

On m’a souvent reproché de ne pas émailler mes textes « d’images », surtout celles de la langue.

Nos chroniqueurs et nos romanciers l’ont fait avant moi, et de fort belle façon. Exemple :

  • ce que savait la nuit
  • les buis luisent, cirés de lumière
  • le matin arrive avec la couleur d’une autre nuit
  • arrêter la pluie en dansant

Couleur des mots, figures de style et plus encore.

Chacun ses talents, les miens ne s’étendent pas aux images.

 

Quelque jours plus tard, dans mon journal quotidien: l’auteur parle des noms de villes, « ils sont restés dans ma mémoire comme des couleurs fanées, des bruits sourds, des odeurs évanouies, mais aussi comme la musique ancienne et magnifique qui nomme un pays ». Yves Boisvert, parlant de l’Abitibi, La Presse, 24 mai 2019.

L’impuissane

Ce texte sera court et pour cause…

Si vous croyez que je vais vous entretenir de l’impuissance virile, détrompez-vous. Je suis une femme et je m’attarde à l’impuissance psychologique.

 

Les éternels optimistes parlent de frustration, les sociologues, d’aliénation, j’écris sur la dimension psychologique. L’impuissance, c’est comme une anesthésie… rien à faire, impossible d’agir pour contrer le négatif. Sensation détestable, s’il en est une.

Je me pensais pourtant aguerrie, je pratique le lâcher-prise depuis ses dernières années, avec efforts, mais je réussissais. Cette fois, je voulais, mais l’impuissance m’a rattrapée…ma santé mentale vacille.

Je me souviens du temps où, conférencière, je prônais de fuir l’impuissance à tout prix, pour faire rempart au stress. Je prêchais l’action, la réaction positive. De beaux mots me dis-je, aujourd’hui que je suis piégée.

Je ne peux rien contre la météo, la maladie et la mort de mes amis(e), le vieillissement, les séparations, les angoisses de mes proches.

Je ronge mon frein et je « prends sur moi », comme le veut la sagesse populaire.

Je cultive donc les petits plaisirs, ceux sur lesquels j’ai du contrôle.

Pendant ce temps, j’oublie l’impuissance.