De la testostérone

Il y en a partout, du moins, j’en vois maintenant partout, depuis que j’ai constaté les effets de sa disparition chez mes amis qui subissent des traitements hormonaux. Cette médication bloque la testostérone et affecte, entre autres, le désir et la force mâle. Mes observations, d’une certaine semaine, m’ont amené à remarquer l’une et l’autre.

Mon livre du moment, écrit par William Boyd , débute par une description de la vie d’adolescents dans un collège anglais au cours des années 1920. L’atmosphère étouffe le désir. Pour survivre à l’ennui un petit groupe d’amis se lancent des défis substantiels : avant la fin du trimestre l’un doit séduire la fille du fermier, l’autre, passer du judaïsme au catholicisme, enfin le dernier, réaliser un exploit au rugby (alors qu’il n’est même pas sportif). Après maints efforts et halètements, les compères réussissent. La testostérone naissante s’excite et s’exhibe.

J’ai vu la testostérone à l’œuvre sur mon lac. Deux jeunes hommes sont parvenus à naviguer sur leur moto marine, à la verticale, c. à d. le nez de leur engin en l’air. Leurs nombreux retours et reprises témoignaient de leur fierté. Leurs exploits m’ont rappelé que mon voisin en faisait autant sur son voilier Hobby Cat: une seule coque dans l’eau, tout le reste à la verticale! Beaux exemples de déploiement viril!

Quelques jours plus tard, plus près de moi, six hommes s’affairent à installer un interminable quai métallique. L’eau glacée monte progressivement jusqu’à leur cou. Leurs rires, leurs propos bruyants et leurs taquineries, malgré leur corps plongé dans l’eau très froide, laissent croire à un excès de testostérone. C’est une activité de « gars ».

Il y en a sans aucun doute beaucoup d’autres exemples de « gars » à l’oeuvre, mais ils ne se sont pas produits sous mon nez cette semaine-là.

un nouveau champ de course

Les caravanes de sel du Sahara sont assez connues, mais les courses de dromadaires le sont moins; ces dernières font partie de la tradition des peuples des régions désertiques.

Pour le transport, les camions ont pris la relève, pour les courses, ce sont les chevaux, pour le plus grand bonheur des Occidentaux.

Quand j’étais petite, mon père et ses amis fréquentaient l’Hippodrome de Blue Bonnets. À voir l’effort des chevaux, on aurait cru qu’ils comprenaient le sens du dépassement.

À Montréal, ce temps est révolu, mais les automobilistes ont pris le relais. Ils sillonnent la ville à toute vitesse, se dépassant à qui mieux mieux. Ils font fi des feux de circulation (les rouges!) et profitent des intersections pour dépasser sur la droite les conducteurs
qui attendent sagement leur tour. Ils ne sont qu’une minorité à concourir, comme autrefois les chevaux et les dromadaires.

Bien sûr, il y a maintenant la formule 1 qui fait rêver les amateurs de courses, mais ce parcours n’est pas quotidien…celui des compétitions d’auto électriques n’ont plus.

L’AMOUR et son prix

Il y a l’amour violent, agressant, harcelant, qui cause beaucoup de souffrances et fait beaucoup de victimes.

Je pense à l’autre, l’amour romantique entre un homme et une femme, celui qu’on présente dans la littérature, la chanson, les films, les œuvres télévisuelles, la publicité. L ‘AMOUR, celui qui transporte, qui modifie la réalité, qui embellit tout, qui rend la vie si agréable en compagnie de l’autre; cet état d’âme qu’on recherche et qu’on veut conserver.

La plupart des hommes et des femmes y accèdent un jour ou l’autre.

Pour la suite, je ne puis parler que des femmes (j’en suis une). Une femme amoureuse vit sous l’influence de l’être aimé, son joug est doux, surtout s’il est enrobé de chaleur, d’attentions et de tendresse; la contrainte passe inaperçue.

Le bien-aimé présente des préférences, des valeurs, des caractéristiques qui lui sont propres; il est régi par des habitudes, des croyances, des expériences antérieures, il faut en tenir compte! Son érotisme et ses exigences lient et attachent la femme amoureuse. Cet ensemble crée un joug, qui, bien que doux, existe et s’avère omniprésent. Mais, ELLE ne le voit pas, sauf si ses yeux se déssillent pour lui permettre de percevoir ce qui était auparavant caché. Cette nouvelle vision survient brusquement ou progressivement…

Rares sont les femmes amoureuses qui échappent à l’aveuglement. Elles n’y ont vu aucun effort, c’était naturel, elles aimaient…

Edith Piaf a chanté : « je me ferais teindre en blonde si tu me le demandais »

En attente

On Hold

On a beaucoup parlé des sinistres : légers (chalet d’été), moyens (résidences secondaires) ou substantiels (résidences principales). C’est une vision administrative, la réalité des sinistrés est autre, quelle que soit la catégorie officielle. Une personne sinistrée est :

Une personne hors temps, qui a perdu ses repères temporels : rituels, fêtes, saisons, agenda personnel. L’inondation marque une parenthèse dans le temps.

Une personne impuissante devant les caprices de l’eau, les formulaires, les procédures des instances d’aide et la lenteur administrative. En plus, il lui faut attendre, attendre, attendre que ça sèche…

Une personne fatiguée, à bout de souffle: surveillance des pompes, arrachage, nettoyage, déménagements des meubles et autres, soucis, contrats et tout le tralala…

Une personne en deuil de tout ce qui abîmé ou détruit: ses collections et surtout ses souvenirs d’une époque, d’un voyage ou de certaines amours…

Une personne appauvrie : dépenses imprévues, endettement ou ruine.

Une personne qui revisite le terme solidarité et qui remercie de tout cœur les policiers, les militaires, les pompiers, les bénévoles et les voisins. Grâce à tous, la personne sinistrée, malgré l’humidité et le froid, a chaud au cœur.

Une vie de chien

Cette expression, souvent entendue dans ma jeunesse, me revient à l’esprit quand j’arpente ma rue.

Des chiens, j’en ai vu! Des gros, des petits, des minuscules et de toutes les couleurs, seuls ou en paires. Les gros s’en tirent mieux que les autres à cause de leur poids, parfois comparable à celui du promeneur. On ne les bouscule pas facilement.

Les petits, de faible volume, sont sans défense. Une laisse les tire sans ménagement : allez hop! Ils n’ont pas le temps de flâner, de humer ou d’explorer les terrains. Ils sont « guidés » de main ferme par la personne en pouvoir; elle a la conscience tranquille, elle a promené la bête! Mais quelle promenade? D’après le dictionnaire, promener veut dire : aller dans plusieurs endroits, pour le plaisir (le plaisir, je ne le vois guère dans la façon dont certains animaux sont traités).

Les quadrupèdes sont violemment rappelés à l’ordre : s’en tenir aux trottoirs, ne pas s’arrêter, surtout lorsque leurs crottes ont été recueillies. Quant à lever la patte, ce doit être bref, car à l’autre bout de l’attache, on cherche la vitesse, surtout s’il pleut ou s’il fait froid.

J’ai vu de petits canins « marcher » en poussette, d’autres, porter des bottillons pour ne pas salir les intérieurs de leur propriétaire.

Bref, certains chiens ont la vie difficile, d’après mes observations, ils mènent « une vie de chien ».

N.B. j’ai des amies qui s’occupent fort bien de leurs animaux, mais elles n’habitent pas ma rue.

L’art de la corde à linge

La corde à linge est-elle en voie de disparition dans les métropoles? Beau sujet pour un colloque avons-nous convenues, mon ex-collègue et moi. Mais nous ciblons plutôt les jeunes qui ne connaissent que les tours, les appartements ou qui ont été victimes de certains règlements municipaux; ils fréquentent peu les colloques. Je vais donc humblement tenter de compenser leur manque de connaissances sur la corde à linge.

Ma grand-mère m’a montré comment réaliser une « belle » corde à linge : l’effet esthétique étant vital. Avec le recul du temps et avec l’aide de mes amies, j’ai identifié les critères à respecter pour cette tâche complexe. Voici les diktats de nos aïeules, diktats qui se transmettent de mère en fille. Ces dires sont presqu’inscrits dans nos gènes et sont encore respectés malgré le passage des décennies; a-t-on idée à 70 ans, d’écouter sa mère!

Le début : ne pas placer sur la corde les éléments au hasard de leur sortie du panier; le résultat serait pénible pour les yeux (décor chaotique!) Il faut organiser le linge en fonction des formes, des couleurs et du temps de séchage; un jeans mettra plus de temps à sécher qu’un linge à vaisselle. La logique veut qu’on le mette au début de la ligne où il ne gênera pas s’il y séjourne plus longtemps.

Les formes. Un drap, une taie d’oreiller, un chandail de coton, sont rectangulaires, ils sont donc compatibles : le plus grand a la priorité. Mais attention, la couleur déterminera la suite des choses.

Lorsqu’on a pris en compte les critères ci-haut mentionnés, il reste une grave question : les sous-vêtements. To show or not to show.
Les âmes prudes des générations précédentes n’autorisaient pas leurs voisins à VOIR leurs dessous. Ces derniers séchaient à l’intérieur, sur les vérandas (l’été), dans les corridors ou les sous-sols (l’hiver).

Dernier élément mais non le moindre, capital pour l’esthétique de l’ensemble, c’est ‘l’épingle à linge’. Autrefois en bois, elle est maintenant en plastique, colorée, et de format variable. Son agencement avec les articles enjolive le tout; la façon de d’ordonner cette décoration dépend de l’esthétique individuelle (place à la créativité, quand même!). Ces épingles fantaisistes sont plus difficiles à trouver. Les grandes surfaces s’en tiennent aux pinces classiques (en bois).

La saison estivale donne lieu à des concours de beauté pour corde à linge. Un même poteau peut en rattacher deux ou trois. La concurrence est visible!

Vous en savez suffisamment,
à vos cordes, partez!