Une chute…pas celle de l’eau

Une chute récente m’occasionne de fréquents vertiges. Ces étourdissements sont les derniers d’une vaste collection. L’environnement qui vacille, les jambes molles, je connais… je souffre de vertige.

 

Je me souviens de ma descente en ski alpin dans la célèbre Vallée Blanche à Chamonix : j’ai trouvé le départ affolant. Mes skis et bâtons sur les épaules, il me faut mettre mes pieds, chaussés de bottes de ski, dans de profondes traces (déjà créés) dans la glace, je dois avancer dans cette crête, le long d’une paroi vertigineuse…

Je me souviens aussi du Grand Canyon, de ma descente ralentie par le vertige. Elle fut longue, trop longue au goût de tous ceux qui m’attendaient au bas de cet étroit chemin tracé le long d’un profond ravin! Au cours de ce trajet interminable, je me suis déshydratée. On m’a finalement secourue et je suis arrivée en bas en titubant.

Il y a pire! Subir une cisaille de vent dans un avion monomoteur. Le petit appareil est soumis à des vents contraires (i.e. venant de directions opposées). Il culbute, tournoie, se tord… Je craignais qu’il perde ses ailes à cause des fortes secousses! Assez effrayant, lorsque c’est la première fois; c’était mon cas! Je suis sortie de l’avion les jambes molles et les larmes aux yeux, j’étais plus qu’étourdie…

En somme j’en ai vu de toutes les hauteurs.

 

 

 

La tête pleine.

C’est la saison des chants de Noël, laïques et religieux. À saturation. Ma tête ne les entend plus car elle est remplie de souvenirs, d’images, de chansons en français et en langue anglaise.

Les déclencheurs de ritournelles sont nombreux,

Lorsque je me trompe en mettant un vêtement sans devant derrière je pense au « bon roi Dagobert, qui a mis sa culotte à l’envers…

Quand je m’absente : « le petit Prince est venu pour me serrer la pince… »

Quand je bois : « les Chevaliers de la Table Ronde… » m’accompagnent.

Quand je crains la vieillesse en solo: « how does it feel to be all alone like a rolling stone…”

Quand je tourne en rond : « et rond et rond petit patapon … »

Lorsque je vais à un enterrement : « voir un ami pleurer… »

Quand je lis que le personnage s’en va en Turquie : « Istanbul was once Constantinople…

Lorsque je caresse mon chat : « we belong to a mutual admiration society… »

Quand je pense à mes hommes : « I’ll be loving you always… »

 

Ma tête est pleine de chansons, si vous ne les connaissez pas c’est que vous êtes trop jeune… ou d’une autre culture.

 

 

 

 

Éloge des doigts

Il y a les « Sept doigts de la main », moi je n’en ai que cinq, mais ils me sont fort utiles.

Ils ont de la mémoire, tâtent dans le noir et m’amènent à bon port.

Ils se souviennent de la façon d’utiliser la touche « input » de mon téléviseur.

Ils fouillent et trouvent mes lunettes.

Ils savent caresser les bêtes et les humains.

Ils arrivent à tenir des objets plus ou moins lourds.

Ils distinguent le chaud du froid.

Ils donnent la main aux étrangers ou aux moins proches.

 

Longue vie à mes doigts!

les coopératives

Publicité de la Coop Fédérée québécoise : « on récolte ce qu’on aime ».

Mon chat a traduit : « on lèche ce qu’on aime ».

Il lèche le cou de sa mère nourricière, le cachemire et le beurre.

Fait-il la différence?

La Coop n’est pas parfaite, elle vend, entre autres, des pesticides.

Mon chat n’est pas parfait lui non plus, Il me réveille la nuit : il me cherche, me marche dessus et vient dormir à mes côtés.

« On récolte ce qu’on aime ».

J’aime mon chat malgré ses imperfections. Il me fait souvent penser au slogan de la Coop Fédérée.

 

 

Tenir

Atlas, personnage de la mythologie grecque, était condamné à porter la terre sur son dos pour l’éternité.

Pour ma part, je suis simplement condamnée à « tenir la maison » sur mon dos.

On me dit souvent que c’est un privilège à mon âge d’être en vie et de « tenir maison » (cette expression bizarre est utilisée en France comme au Québec).  Si je « tenais la maison » comme Atlas tient la terre je serai bien fatiguée.

Mon atlas cervical (première vertèbre) continue de porter ma tête et le reste de moi-même « tient maison ».

Je déteste les routines associées à « tenir maison ». Si la routine tuait vraiment, je serais morte…

Mon médecin me prédit une belle longévité, je suis donc condamnée à « tenir maison » pour encore quelque temps.

 

Les chiens et l’Halloween

Il pleuvait, personne n’a osé sortir.

Sur ma rue, il y a plus de chiens que d’enfants. Les quadrupèdes sont très nombreux : de toutes les tailles, de toutes les races. Pourtant, ils furent invisibles le soir de l’Halloween; leurs propriétaires ont-ils craint les torrents d’eau?

Les chiens sont restés à la maison, réduits à regarder ces trombes de pluie venues du ciel.

Pourtant, ils portent un manteau. Auraient-ils refusé de marcher si on leur avait enjoint de le faire?

Mais non, les chiens n’ont pas fêté l’Halloween, c’était partie remise avait décrété la Mairesse. Les chiens n’ont que faire des diktats des édiles municipaux, ils veulent leur rue.

La saignée

Des injections, oui. Des saignées ???

Je croyais avoir tout entendu, mais non : en 2019, on pratique la saignée dans un hôpital montréalais de renom. Non pas la saignée des calorifères, mais la saignée des humains! Jusque-là j’avais une haute estime de cet hôpital, maintenant, je doute. Je pense à Molière…

une collègue m’a confié :

« J’ai trop de fer dans le sang, à l’hôpital X, on procède à une saignée mensuelle, il n’y a pas d’autre remède pour moi ». Cette déclaration a déclenché ma surprise et ma petite enquête.

De retour à domicile, j’ai tout de suite consulté mon grand ami Google :la saignée est « connue depuis l’Antiquité, c’est surtout au XVII et au XVIII siècle qu’elle occupe une place prépondérante dans les pratiques thérapeutiques. Elle permettait de purifier le sang ‘des mauvaises humeurs’ ».

Je le savais, mais en 2019, serait-ce un retour en arrière? À quand le clystère?

« Ben réveille! c’est courant », dit mon amie, championne des informations, « je connais deux personnes qui sont traitées ainsi ». Nouvel ébahissement de ma part!

Je suis décidément en retard sur beaucoup de choses…