les choix

Les choix

Au point de départ, on ne mesure pas les conséquences de ses choix.

Si on se sépare d’une personne aimée, on ne prévoit pas la solitude éventuelle.
Si on refuse de participer à un sport, on ne sait pas que l’offre passera au voisin, d’autres s’amuseront.
Si on se cantonne dans un passe-temps solitaire, les rencontres intéressantes n’auront pas lieu.
Si on veut vivre à la campagne, on ne mesure pas les nouvelles distances ni les changements de style de vie.
Si on choisit de ne pas appeler ses amis, on risque d’être oublié.
Si on adopte un animal de compagnie, on ne sait pas quels en seront les frais.
Si on prête sa voiture, on ne sait pas toujours quand elle reviendra…
Si on accepte de vieillir, l’on ne prévoit les divers handicaps associés
etc., etc., etc.,

Tranquillité

Tranquilité

Il m’arrive de penser en anglais

It was twilight at my cottage,
As Scrooge said:
“not a creature was stirring, not even a mouse”
no wind, no sound,
the clouds are still,
the visitor’s chairs are empty,
the cat is sleeping.

Il n’y a pas une ride sur le lac,
la lune luit, silencieuse,
la télévision est fermée,
les bateaux , ancrés, sont immobiles,
les oiseaux et les mouettes se sont tus,
les nombreux canards sont invisibles…

C’est la tranquilité.

Traumatisme de chat

Traumatisme de chat

BOUM, BOUM, BOUM, BOUM…BOUM, BOUM…
Un feux d’artifice se déroule à deux maisons de mon chalet.
Mon chat s’inquiète, se cache, espérant échapper au vacarme. Il se terre sous un lit.
Le feux d’artifice s’éternise : 45 longues minutes. Le chat continue d’être apeuré…

Le lendemain, il se comporte normalement : il saute dans mon lit vers sept heures pour me réveiller et se faire flatter, puis il renifle partout selon son habitude.

Les chats n’ont pas le même cerveau que nous : ils ont peu de mémoire.
Ils ont de la chance.

les odeurs

Odeurs

À la campagne, les odeurs voyagent…

Cette odeur de bois qui brûle m’intrigue depuis plusieurs jours. Mes voisins immédiats n’en sont pas responsables. Je sens néanmoins le feu de bois. Trois jours plus tard, j’entrevois un lointain voisin, inconnu de moi, qui brûle des branches d’arbres.

Lorsque le vent s’y prête, les odeurs d’engrais des champs lointains me parviennent.

En tout temps, les fleurs de tous mes voisins embaument l’air autour de moi.

insatiable

Insatiable.

Eh oui, il s’agit encore de mon chat.
Il m’a tenu compagnie lors du confinement. J’ai apprécié. J’étais très disponible et je l’ai flatté souvent.

Il y a pris goût. Il m’aime tellement… Il me réclame des caresses, m’empêche de lire, de manger ou de boire mon café, me saute dessus fréquemment. Ses pattes m’égratignent si je n’obtempère pas.

Cet amour me gêne dans mes activités quotidiennes que je dois interrompre pour caresser mon insatiable matou.
Heureusement il aime aussi ma véranda grillagée où la nature envoie d’enivrantes effluves. Il m’arrive de l’y pousser et de fermer ma porte : enfin la paix…

les dommages collatéraux

Les dommages collatéraux.

Les médias nous ont beaucoup parlé des dommages collatéraux de la pandémie chez les enfants. J’en ai observé d’autres.

Les toiles d’araignées de ma campagne ont emprisonné des éphémères. J’ai trouvé le spectacle désolant. Des tonnes d’insectes pris dans les filets des araignées, le tout accroché aux surfaces de ma remise : des pans entiers de toiles et de leurs captives.

J’ai sorti mon balai. Pour le moment, tout semble revenu à la normale. les murs de ma remise sont à nouveau lisses.

un matou renifleur

Un matou renifleur

« Snif » disent les anglophones.
Mon chat, ayant changé d’environnement, n’en finit plus de renifler.
« snif, snif, snif »

Son nez explore toutes les surfaces, tous les recoins extérieurs et intérieurs du chalet, même les tapis. Il découvre de nouvelles odeurs : chasse-moustique, crème solaire; il n’est pas certain de les aimer…
« snif, snif, snif »

Le peignoir de sa maîtresse n’est plus le même, ni ses vêtements, ni les couvertures de son lit. Les meubles ont changé, les pièces de la maison aussi.
Hum les araignées et les fourmis : fascinant pour un chat!
« snif, snif, snif »

En somme, pour lui c’est un nouveau monde à renifler…

Encore la pandémie

Encore la pandémie.

La pandémie version urbaine avec ses restrictions de tous genres a eu raison de ma volonté.
Je me suis réfugiée à la campagne. Terrée dans mon chalet, j’ai les yeux et les oreilles en alerte.
Je redécouvre les sons lointains : un bateau ou un avion? une mouette ou une outarde? Le bruit d’une tondeuse à gazon de l’autre côté de la baie?
Je me rééduque au vent, à sa présence, à sa force, à sa direction.
Mon nez fait aussi du surtemps. Est-ce l’odeur de la naphtaline, du chauffage prolongé ou du vieux bois?
Je revois le héron, parfois la buse.
La saison débute, et avec le froid, le grand lac est peu fréquenté.

et je poursuis mes explorations…