Le déménagement

Si partir c’est mourir un peu,

déménager, c’est mourir tout court.

 

Mettre dans des boîtes et les étiqueter.

Transporter les cartons (comme disent nos amis français).

En avons-nous suffisamment?

Où entasser les colis qui sont prêts à l’avance?

 

Les déménageurs seront-ils à l’heure prévue?

Feront-ils preuve de précautions suffisantes?

Les bénévoles viendront-ils ??

Que de soucis!

 

Que de souvenirs m’assaillent au moment de passer de la campagne à la ville.

Après un séjour de deux mois, je déménage…

Mon cerveau deviendra une véritable girouette, car rien n’est au même endroit dans chacune de mes résidences. Mes yeux cherchent de haut en bas, de gauche à droite, de grand à petit. Même mon café a un goût différent.

Finalement, adieu la fosse septique, la cuisinière de vitrocéramique et les appareils de marque Sunbeam.

 

Vive mon nouveau décor, vive ma ville!

 

Loin des villes

Les Racines et les Ailes m’ont fait visiter quelques villages de la Haute Provence : minuscules et haut perchés. Quelques personnes se consacrent à restaurer un château ou une église. Ces ruines datent du moyen âge, de la renaissance ou plus récemment (!) du XVIIe siècle. Tous les résidents y participent. Les Français ont le sens de la conservation du patrimoine.

Accroché au mont Ventoux, un village revit grâce à quelques irréductibles qui ne lésinent ni sur leur temps, ni sur leur énergie. Dans ces petits villages, des miracles : une librairie, un brasseur qui pratique son métier, une grande place vers laquelle convergent des rues particulièrement étroites.

Comment se déroule le quotidien dans un hameau de ce genre? J’imagine une vie simple, rythmée par la nature : le soleil et le vent.

Au fond, c’est comme ma vie à la campagne sans tous les équipements électroménagers modernes. Je fais la lessive si le soleil le permet, je vis dehors si le vent ne souffle pas trop fort, mais je n’habite pas, pendant la saison froide, la pierre humide.

Je préfère, somme toute, le confort minimal de mon petit chalet à celui, patrimonial, de la Haute-Provence.

 

Les insectes…

Les araignées ne s’amusent pas seulement dans et autour de mon chalet, elles sillonnent les routes.

L’autre jour, j’ai compté un convoi de 19 motocyclettes, à deux ou à trois pattes. Pour ceux ou celles qui l’ignorent, une araignée est une moto à trois roues, souvent de couleur vive.

Les personnes moins jeunes adoptent les trois roues; elles raffolent de ce jouet, malgré son prix élevé.

Si vous voulez en voir un grand nombre, rendez vous à Lachute un dimanche matin, de préférence pendant les vacances de la construction québécoises. Cette ville constitue le paradis de la moto et donc, des araignées.

En sortant aujourd’hui avec ma petite auto, j’ai été poursuivie par une rutilante araignée jaune vif.

Pas de vacances pour les araignées, les tissent ou elles roulent sans cesse.

La gazonite

Maladie qui fait son apparition au printemps et qui dure plusieurs semaines. Les hommes en sont surtout affligés. Pour certains la maladie devient gravissime.

Le choix des semences n’est pas laissé au hasard

La mise en terre nécessite beaucoup de « tapotage » et d’arrosages quotidiens.

L’entretien :    éliminer les pissenlits

mettre l’engrais approprié (naturel?, chimique?)

tondre à la bonne hauteur et à la bonne fréquence

le faire soi-même? déléguer?

La surveillance :

s’assurer que chaque étape a été réalisée à la perfection

Puis en être fier.

 

Dans le voisinage de mon chalet, les pelouses courent partout compte tenu de l’absence de clôture d’un terrain à l’autre : le résultat est visible par tous.

Les femmes (c’est une généralisation abusive) s’intéressent davantage aux fleurs. Ces amoureuses les entretiennent avec constance.

 

Les résultats de tous ces efforts combinés s’avèrent très agréables à l’œil.

J’en profite…

La gentillesse existe encore

Je suis une citadine, mais je passe l’été dans un petit village. Certes la campagne « post inondation » est bruyante compte tenu des réparations de tous genres, mais les ‘inondés’ font preuve de beaucoup de gentillesse, malgré leurs malheurs.

« Es-tu en forme? » s’enquièrent mes voisins.

 

Ici, au fond de ma campagne, tout le monde se dit « bonjour » et les « bonne journée » ou « bonne fin de journée » des caissières sont senties.

« Madame, votre paquet me semble bien lourd, je vais le porter à votre voiture » me dit cet inconnu.

« Ce chariot à provisions ne roule pas bien » et la dame de m’épauler en donnant une poussée supplémentaire.

« La crème qui vous été prescrite est-elle efficace? Vous sentez-vous mieux? » me demande le pharmacien.

« Venez n’importe quand, on prendra un verre de rosé », offre la copropriétaire d’une galerie d’art.

Même les gens que je paye redoublent d’attentions « prenez soin de vous, je vais le faire ». « Cela vous convient-il? »

On me tend le bras, lorsque je risque de tomber.

 

En somme, dans ma campagne, je suis entourée de personnes gentilles.

 

 

Mon chat

Un très long mâle. Il est terrible.

Malgré son obésité (officiellement reconnue), il grimpe partout. De façon surprenante, il est capable de se hisser sur mes commodes, mes tables de travail, mes étagères de livres, etc.

Il hume tout : mes dossiers, mes vêtements, mon ordinateur, ma nourriture, mes meubles, les portes de mes armoires, le cachemire, etc.

Il murmure en me suivant (même dans la salle du trône), j’ai maintenant une ombre.

Il marche sur mon clavier, il joue avec mes crayons et déplace mes gommes à effacer.

il cherche mes caresses même la nuit.

 

Il est terrible, mais (il ne le sait pas) je l’adore

 

Le bruit

Je suis, comme mon chat, très sensible aux bruits.

J’ai donc délaissé le bruit de la ville avec ses camions, ses poids lourds, ses autobus et autres engins; j’ai opté pour la campagne. Mais il y a aussi des bruits dans ce nouvel environnement.

 

Aujourd’hui, il pleut, donc congé de bruits extérieurs : pas de moto marine, pas de bateau à haute vitesse, pas de tondeuse, pas de tronçonneuse, pas de déchiqueteuse, pas de motocyclette, pas de livreur de terre dont le camion recule souvent. La paix…

Dans mon vieux chalet de bois, certains bruits ne se taisent jamais. Cette vieille carcasse toute croche s’exprime : craquements de tous genres. De plus, la pluie crépite sur le toît de métal.

Je me réjouis néanmoins de ce silence relatif, les fleurs qui poussent et les araignées qui tissent ne sont pas bruyantes.