La douleur chronique

Une dent, un genou, une épaule, un dos ou un pied, qui fait mal sans relâche.

La sensation qui y est liée nuit à la concentration habituelle; elle absorbe beaucoup d’énergie, il y en moins pour tout le reste.

On s’y fait, on s’habitue à cette partie douloureuse et on essaye de mener une vie « normale ».

Cela nécessite beaucoup de sang-froid et de bravoure. Il faut « faire avec », d’autres disent « c’est la vie ! ».

Quel que soit le point de vue, c’est embêtant… c’est gênant…

On s’en passerait volontiers.

L’inconscient

L’inconscient, cet amibe insaisissable! Il fait le délice des psychanalystes.

Cette partie de moi prend de la vigueur avec l’âge. Les associations que mon inconscient se permet sont merveilleuses, surprenantes et … appropriées.

L’autre jour, je réfléchissais à ma douleur chronique et l’image de Barbara s’est imposée : elle chante Nantes, la douleur de manquer le dernier rendez-vous avec son père.

Ce merveilleux inconscient, sur lequel je n’ai pas de contrôle remplit ma vie de surprises, souvent délicieuses, parfois malheureuses.

Elle peuple aussi mes rêves, ceux qui sont roses et ceux qui sont cauchemardesques, selon…

Malgré tout, je l’aime.

De quoi écrire un essai

L’Histoire et les histoires.

Sauf pour certaines personnes contemplatives et les poètes, nous en sommes friands, « tout le reste m’indiffère » comme dit la chanson.

Ce thème est grand, il recouvre l’univers : les civilisations (ex. l’Égypte), les personnages historiques (ex. César), les événements spéciaux (ex. les guerres); tout est prétexte à raconter. Les romanciers et les cinéastes s’en donnent à cœur joie.

Puis, il y a les petites histoires; les anecdotes et les souvenirs qui nourrissent les chanteurs et les bons humoristes.

Nous voulons connaitre le déroulement des aventures de nos héros, de nos vedettes. Qu’est-il arrivé? avant? après?

Barbara nous parle de son père, mort à Nantes. Le diffuseur Netflix nous instruit des aléas de la Couronne d’Angleterre. Robert Charlebois raconte le gars « qui arrive à la manufacture, les deux yeux fermés ben durs, pas zippé… »

Il y a aussi les histoires qu’on ne raconte pas, les privées, les secrètes…

Et les « histoires de vie », très à la mode, encouragées pas certains thérapeutes.

Et voilà que j’arrive avec mes petites histoires, inspirées par mon enfance, mes voyages et mon chat. Je n’ai pas lu Comment écrire des histoires d’Élizabeth Vonarburg, j’étais trop occupée à lire ou à écrire des histoires.

Vous aurez compris que je raffole de tous les types d’histoires…

Une chute…pas celle de l’eau

Une chute récente m’occasionne de fréquents vertiges. Ces étourdissements sont les derniers d’une vaste collection. L’environnement qui vacille, les jambes molles, je connais… je souffre de vertige.

 

Je me souviens de ma descente en ski alpin dans la célèbre Vallée Blanche à Chamonix : j’ai trouvé le départ affolant. Mes skis et bâtons sur les épaules, il me faut mettre mes pieds, chaussés de bottes de ski, dans de profondes traces (déjà créés) dans la glace, je dois avancer dans cette crête, le long d’une paroi vertigineuse…

Je me souviens aussi du Grand Canyon, de ma descente ralentie par le vertige. Elle fut longue, trop longue au goût de tous ceux qui m’attendaient au bas de cet étroit chemin tracé le long d’un profond ravin! Au cours de ce trajet interminable, je me suis déshydratée. On m’a finalement secourue et je suis arrivée en bas en titubant.

Il y a pire! Subir une cisaille de vent dans un avion monomoteur. Le petit appareil est soumis à des vents contraires (i.e. venant de directions opposées). Il culbute, tournoie, se tord… Je craignais qu’il perde ses ailes à cause des fortes secousses! Assez effrayant, lorsque c’est la première fois; c’était mon cas! Je suis sortie de l’avion les jambes molles et les larmes aux yeux, j’étais plus qu’étourdie…

En somme j’en ai vu de toutes les hauteurs.

 

 

 

La tête pleine.

C’est la saison des chants de Noël, laïques et religieux. À saturation. Ma tête ne les entend plus car elle est remplie de souvenirs, d’images, de chansons en français et en langue anglaise.

Les déclencheurs de ritournelles sont nombreux,

Lorsque je me trompe en mettant un vêtement sans devant derrière je pense au « bon roi Dagobert, qui a mis sa culotte à l’envers…

Quand je m’absente : « le petit Prince est venu pour me serrer la pince… »

Quand je bois : « les Chevaliers de la Table Ronde… » m’accompagnent.

Quand je crains la vieillesse en solo: « how does it feel to be all alone like a rolling stone…”

Quand je tourne en rond : « et rond et rond petit patapon … »

Lorsque je vais à un enterrement : « voir un ami pleurer… »

Quand je lis que le personnage s’en va en Turquie : « Istanbul was once Constantinople…

Lorsque je caresse mon chat : « we belong to a mutual admiration society… »

Quand je pense à mes hommes : « I’ll be loving you always… »

 

Ma tête est pleine de chansons, si vous ne les connaissez pas c’est que vous êtes trop jeune… ou d’une autre culture.

 

 

 

 

Éloge des doigts

Il y a les « Sept doigts de la main », moi je n’en ai que cinq, mais ils me sont fort utiles.

Ils ont de la mémoire, tâtent dans le noir et m’amènent à bon port.

Ils se souviennent de la façon d’utiliser la touche « input » de mon téléviseur.

Ils fouillent et trouvent mes lunettes.

Ils savent caresser les bêtes et les humains.

Ils arrivent à tenir des objets plus ou moins lourds.

Ils distinguent le chaud du froid.

Ils donnent la main aux étrangers ou aux moins proches.

 

Longue vie à mes doigts!

les coopératives

Publicité de la Coop Fédérée québécoise : « on récolte ce qu’on aime ».

Mon chat a traduit : « on lèche ce qu’on aime ».

Il lèche le cou de sa mère nourricière, le cachemire et le beurre.

Fait-il la différence?

La Coop n’est pas parfaite, elle vend, entre autres, des pesticides.

Mon chat n’est pas parfait lui non plus, Il me réveille la nuit : il me cherche, me marche dessus et vient dormir à mes côtés.

« On récolte ce qu’on aime ».

J’aime mon chat malgré ses imperfections. Il me fait souvent penser au slogan de la Coop Fédérée.