Nouvelles récentes (news)

Dans le passé, j’ai eu peur des manifestations.

Aujourd’hui, il me semble que les médias me rapportent quotidiennement une manifestation, une protestation ou une participation citoyenne (les termes varient).

Les chaînes télévisées sont ravies de ces reportages et me les présentent avec célérité;  elles n’en manquent pas une. Elles sont certainement très occupées, il y des revendications partout sur la planète. Beaucoup de pays sont touchés : le Canada, l’Inde, le Pakistan, l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Hongrie, les États-Unis, le Soudan, l’Amérique latine, l’Afrique du Sud, l’Angleterre et j’en passe…

Montréal ne fait pas exception; les rues de son centre-ville sont régulièrement envahies pas des piétons qui protestent ou soutiennent diverses causes; ils nous le font savoir avec force : slogans et « pancartes ». Ce ne sont pas encore des milliers de gilets jaunes, mais nous avons eu le printemps érable… j’avais plus de 70 ans, la peur m’a envahit. Le soir, le son des casseroles tout au long de ma rue… Je me demandais jusqu’où cela irait… Une révolution se tramait-elle? J’avais lu sur la révolution française! Mes tripes étaient touchées.

Pour moi, c’était une première. J’ai eu la chance de vivre au Québec. Dans ma ville, les dernières années avaient été relativement calmes; je n’avais pas l’habitude de ce type d’expression.

Les Québécois prennent goût à faire valoir leur point de vue; cette participation des citoyens me semble croître avec les années.

Dans ma province, il y a eu une mode de la rénovation, elle était très répandue, maintenant je crois que c’est la manifestation!

 Maintenant, j’ai moins peur.

 

 

 

 

Émerveillée

Souvent.

La robinetterie que j’observe dans les salles de bain de mes amies ainsi que  les toilettes des commerces et des salles de concert se présente sous des formes très variées. Au fil des ans les modèles se sont multipliés: ils sont courbés, carrés, à angle droit. Il me faudra bientôt un certificat d’études supérieures en robinetterie pour savoir, en tant que nouvelle utilisatrice, quoi activer et dans quel sens.

Les documents publicitaires que je consulte ne m’aident en rien. Les images, en deux dimensions, sont fixes et le robinet, toujours fermé. Je vais donc tâtonner encore et encore jusqu’à ce que l’eau jaillisse.

 

S’il y a de l’eau dans les éviers, il y en a aussi dans les lacs et, là encore, je  continue de m’émerveiller. Nouvelles embarcations, nouveaux sports. Les planches à voile que j’ai connues ne sont plus à la mode. Elles sont remplacées par des planches allongées et plates sur lesquelles les adeptes restent debout et se déplacent (par petit vent) munis d’une pagaie longiligne. D’autres amoureux de l’eau et de la planche glissent à l’aide d’une sorte de cerf-volant et s’envolent parfois (par grand vent). Un autre, dont j’ai oublié le nom, s’ajoute à la liste des sports aquatiques.

Et les pontons! Des salons flottants, souvent couverts, où presque tout est possible, à vitesse réduite bien entendue.

Une personne d’âge mûr ne peut que s’émerveiller…

La sécurité

J’ai une amie acariâtre, allergique au mot sécurité. J’ai rencontré cette femme sur une rue l’autre jour. Elle m’a apostrophée, sa colère a déferlé.

« Nous avons un ministre de la sécurité. C’est dire le sérieux du concept! Sécurité!

-Le CHUM démolit de toute urgence un mur patrimonial parce qu’il n’est pas sécuritaire.

-il faut acheter un siège d’auto sécuritaire pour nourrisson; ce siège coûte beaucoup plus cher qu’un autre qui ne l’est pas.

-les parents jouent au taxi parce que les routes ne sont plus sécuritaires pour leurs enfants.

-les autorités limitent la pêche au crabe pour que les déplacements des baleines soient plus sécuritaires.

pour que tout soit totalement sécuritaire, des médecins recommandent parfois à leur patient de ne pas voyager.

-quant aux trajets sécuritaires pour les cyclistes, nombre d’automobilistes sont furieux.

Au bout d’un moment, j’en ai eu assez de ses plaintes et j’ai changé de trottoir, prétextant une urgence.

Je dois convenir avec elle que la sécurité est vraiment une préoccupation de notre monde actuel.  Dans les médias,  on me parle des accès sécuritaires, des codes de sécurité, de l’importance de la cyber sécurité.Maintenant, je lis que Theresa May est coincée dans ses négociations par un filet de sécurité!

Dans mon vieil édifice, l’opération m’aura coûté cher en 2018-2019. Notre fonds de réserve est insuffisant pour l’ampleur des dépenses. Deux contributions « spéciales » coup sur coup. Et vlan!

La sécurité, c’est comme la vertu, difficile d’être contre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand mes bottines suivent mes babines

 

Un plaidoyer.

Présentation orale devant le Comité de consultation de la Ville de Montréal au sujet de la fermeture au transit des automobiles sur le chemin Camilien Houde.

Ce comité est composé de trois personnes.

Je suis simple citoyenne et je suis d’âge très mûr. Je ne suis déléguée par personne.

Le projet pilote a été très réussi. Bravo.

J’aimerais vous expliquer pourquoi je pense que la fermeture de Camilien Houde au transit devrait être limitée aux mois de juillet et août.

Je suis âgée, je ne fais plus de vélo et je ne fais plus de longues marches, surtout l’hiver; pour me rendre au centre-ville, je me déplace en transport en commun (par beau temps). Je prends souvent ma voiture, la mienne est petite et hybride.

Je fais attention à un environnement (la montagne) que je chéris depuis longtemps. Quand j’avais trente ans, je faisais trois quarts d’heure de ski de fond sur la montagne le matin, avant de me rendre au travail. Je me déplaçais évidemment avec ma voiture.

Aujourd’hui, je suis retraitée et j’habite du côté ouest. J’emprunte occasionnellement le chemin Camilien Houde, pour goûter la belle nature, surtout l’hiver puisque je ne fais plus de ski alpin. Je visite aussi le cimetière Mont-Royal où j’ai acheté un lot (pour ma vie future). J’aime m’y promener et y marcher (c’est gratuit!).

L’hiver, la fin de semaine, le stationnement du lac des castors est plein dès dix heures le matin. Plus tard, je dois me déplacer pour rejoindre l’autre stationnement, près de la maison Smith; de là, je peux marcher ou faire de la raquette. J’utilise ma voiture pour m’y rendre, c’est plus facile et plus rapide.

Je crois que nous sommes plusieurs personnes âgées à nous prévaloir du privilège de posséder une voiture. Je ne vous ennuierai pas avec les statistiques sur la population vieillissante, vous les connaissez, d’autres vous parleront des embouteillages monstres que la fermeture au transit crée en période scolaire.

Quant aux cyclistes qui veulent s’entraîner en dehors de juillet et août, c’est leur privilège, mais faut-il pour autant priver plusieurs milliers (38,000 personnes ont signé une pétition contre la fermeture) de personnes de la facilité de circuler? En plein hiver, quand les routes sont couvertes de glace, ils vont sûrement s’entraîner ailleurs…pourquoi ne pas commencer plus tôt?

Les gens de ma génération et moi-même,  nous sommes âgés, mais nous existons, nous  payons nos taxes et nous aimerions profiter facilementdes plaisirs de la montagne.

En ces temps de travaux multiples et de cônes orange à profusion, est–ce le bon moment pour rajouter des entraves à une circulation difficile pour tous et bien sûr pour les gens de mon âge?

En vieillissant, on s’adapte et on fait des compromis. Les personnes de ma génération seraient-elles les seules à en faire?

 

Je propose d’ouvrir tout le chemin Camilien Houde aux automobilistes en dehors de juillet et août pour que les citoyens plus âgés puissent aussi profiter plus simplement et plus facilement de la montagne.

Diane Bernier, 4 décembre 2018.

L’éloge de la lenteur

En souvenir de Pierre Lamy

J’avais un ami qui collectionnait les livres intitulés « L’éloge de… ». Avait-il « L’éloge de la lenteur » dans sa bibliothèque?

 

C’est se situer à contre courant que de parler de lenteur à une époque où beaucoup de personnes vivent à 100 kilomètres/heure, où, par exemple, on apprend à « jouer au tennis en un instant », etc.

Ceux ou celles qui me voient bouger ou me déplacer s’émerveillent de ma prudence : mes gestes sont lents et calculés. Sous ce vernis de prudence, se cache la lenteur. Elle m’est venue avec l’âge mûr qui est maintenant le mien.

Des amis de ma génération admettent, devant moi (pas en public), un certain ralentissement. « Je fais tout ce que je faisais avant, mais plus lentement ».

Ma démarche sur la glace est devenue plus « attentive », mes changements de position (ex de couchée, à levée) sont exécutés avec grâce mais jamais brusquement. Je suis championne des précautions. Je parle plus lentement, sous prétexte de chercher le mot juste. Mon écriture est modifiée si j’essaye de rédiger rapidement.

Il y a quand même des avantages. Je ne suis plus victime de chûtes sur les trottoirs glacés, il n’y a plus de marques de frottements jaunes sur mon véhicule rouge, pas d’accrochages avec d’autres automobiles. En résumé : moins de vitesse, mais plus de  précision.

Observant mes nouvelles compétences, mon ami (s’il était encore parmi nous) me demanderait sans doute d’écrire un

« Éloge de la lenteur ».

 

 

 

Sourire

Mon quotidien est parsemé du sourire des autres.

Quel réconfort que ce petit mouvement des lèvres. Les premiers sourires m’attendent à mon centre sportif. Certaines abonnées sont d’une prévenance remarquable : « excusez-moi Madame » disent-elles en souriant et en tassant leurs ‘affaires’ pour me faire de la place. Vient ensuite la piscine. Je ne connais pas le nom de toutes celles avec qui je la partage, mais je connais leur sourire.

Le jour de ma visite éclair chez l’optométriste, j’ai aperçu une vedette de notre cinéma et de notre télévision. Elle m’a adressé un sourire chaleureux, à moi, une inconnue!

J’avoue que je suis impressionnée par les sourires et les gentillesses des personnes que je ne connais pas. « Après vous Madame », « Bonne journée Madame ».  Ces propos viennent de toutes les races et de tous les âges. Quel luxe!

À ma liste, il faut ajouter le concierge, le voisin, le chauffeur d’autobus, etc. Mon quotidien est bien vivant, rempli de sourires.

Je rends, bien sûr, ce qui est reçu. Un plaisir partagé : de la bienveillance et de la joie de vivre.

Pour y arriver,  il suffit de regarder autour de soi avec un sourire dans les yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

les virus

L’automne, c’est le temps des virus : rhumes, laryngites, bronchites, etc.

Cependant, il y en a d’autres…

La contagion est commencée : ils se répandent à grande vitesse.

Premier virus.

Après avoir cherché les protéines, après les avoir trouvées (parfois dans des substances les plus inusitées, comme les grillons!), voilà maintenant qu’il faut apprendre à mieux les consommer au fil de chaque jour. Les nutritionnistes ont changé de point de vue : les calories, leur pesée et leur calcul ont cédé la place à une nouvelle  préoccupation. Absorbez-vous suffisamment de protéines? Au bon moment? Elles vous garderont en santé longtemps, vous vieillirez mieux! Mes amis disparus auraient dû le savoir!

Vous en apprendrez davantage en 2019, lorsque paraîtront les directives du Guide alimentaire canadien (partie 2). En attendant, il faut se fier au journal et à la boulangerie St-Méthode où « l’on n’y met que du bon ».

Un autre virus

Le « cardio » a envahi mon club sportif qui m’apparaît  complètement changé. Le « cardio » me semble devenu un mot d’ordre. Mes cours en piscine ont été transformés pour répondre à ce diktat. Vingt-cinq fois le même mouvement, vingt fois le suivant. Je me plains de l’aspect routinier: l’animatrice m’explique : « C’est bon pour le cardio… c’est important le cardio ».

J’ai compris qu’il était inutile d’insister : finies la musique et les valses. Jusqu’à récemment, cette même femme me faisait danser dans l’eau.

Je regarde les horaires de cours, je me renseigne auprès de mes amies fidèles aux activités aquatiques. Je ne sais plus où donner de la tête pour  m’amuser dans la piscine… Je ne suis pas « cardio ».

Marchez, courez, nous répète-t-on. Je le fais peu, me semble-t-il. J’ai souffert de culpabilité jusqu’au jour où mon médecin m’a demandé si je pensais m’inscrire à un marathon. Sa question m’a guérie de ce virus.

Encore un virus

Le temps « réel ». Je l’avais vu publicisé dans différents médias, mais quel choc le jour où l’instructeur du cours d’aquaforme nous a dirigés, son cellulaire à la main. Il le consulte entre deux consignes et ne le délaisse qu’au moment où il lui faut deux mains  pour démontrer un mouvement. Les deux tiers de notre rencontre étaient écoulés: je suis partie. À d’autres le temps réel!

Ce billet exige une « chute » : ce sera la mienne, femme d’une  époque vierge de ces nouveaux virus…