les permis, un brin d’histoire

Au Québec, les chauffeurs de taxi protestent et s’indignent; ils ont payé entre 100,000$ et 200,000$, un permis qui aujourd’hui ne vaut plus rien à cause d’une législation projeté. Leur histoire ne s’arrête pas là…mais elle m’a fait réfléchir…

Combien René Bernier a-t-il déboursé pour son permis de propriétaire de taverne dans les années 40? Était-ce une somme aussi faramineuse?

J’avais l’âge de raison. Le dimanche, j’allais à la taverne pour jouer avec les chats qui, en temps normal, séjournaient dans la cave; René s’acquittait de la comptabilité. Le permis était un privilège politique, expliquait-il à notre famille « je dois contribuer à la caisse électorale du parti qui me délivre le permis, mais je donne aussi à l’autre parti, au cas où… »

Soixante ans plus tard, ma curiosité s’active et je cherche le prix de ce fameux permis.

Je consulte les archives du Musée de Lachine. Les procès-verbaux de l’Association des taverniers de l’Île de Montréal m’ont éclairée sur tout, sauf le coût des permis. Ces textes décrivent la hausse du prix des permis, celle de la bière en fût, les négociations sur la grosseur du verre, le remplacement des barils en bois par les barils d’acier, la taxe d’affaire, la « protection », etc.

Cette lecture m’a fait revivre les affres de René Bernier au sujet de son commerce. Les cadeaux des brasseries (des verres) ne suffisaient pas à le rassurer. Après son décès, sa femme a hérité de tous ces casse-têtes. J’ai trouvé la réponse à ma question dans l’acte de vente du commerce en 1987. Dans une annexe, tout en bas :

le permis coûtait 1079.00$.

Rien à voir avec le coût des permis de taxi en 2018…

 

Version Wikipedia améliorée, prise 2

Encore Leonard Cohen.

J’ai récemment lu une biographie de 545 pages sur lui alors je partage avec vous.

Avant de devenir auteur-compositeur-interprète, père de famille, puis moine bouddhiste (1987-1992), Leonard Cohen a vécu, entre 20 et 30 ans, une décennie tumultueuse. Ce fut la période de tous les excès.

Wikipédia reste discret sur l’utilisation des drogues de Cohen: amphétamine (speed), Mandrax pour se calmer, cocaïne,  LSD, et ce, de façon régulière. Il se trouvait trop « lent » à produire, le travail d’écriture (prose, poèmes ou musique) restera lent et ardu toute sa vie. Pendant cette période, Cohen manifestait également une dépendance au sexe.

C’était un hippy avant l’heure, il a vécu à Hydra (petite île grecque) à Londres, à New York et au Tennessee. Au fil de ses nombreux voyages, il cherchait le lieu où se rassemblaient les écrivains, les artistes et les poètes. Il buvait et discutait avec eux jusque tard dans la nuit. Ils étaient sa famille, disait-il.

Au cours de ces années, il a essayé de vivre de son écriture. Sa poésie, qualifiée de lyrique, est très appréciée dans les milieux littéraires. Let us Compare Mythologies est le titre du plus connu de ces recueils. Cohen s’est cru le plus grand poète canadien. Son mentor était Irving Layton, poète reconnu.

Malgré ce succès. Cohen se lance dans l’écriture de romans. Le premier, The Favorite Game, est mal reçu dans son monde familial dont il s’est inspiré. Cette histoire est mieux reçue par le public littéraire de l’époque. Le deuxième roman, Beautiful Losers, rédigé à Londres, sous l’influence du speed, coule à pic. Ce texte a une veine pornographique qui fait hésiter son éditeur et scandalise le public.

Ses amours avec Marianne à Hydra, dans la petite maison sans eau courante et sans électricité de Leonard, sont connues.  Le public sait moins qu’au cours de son dernier séjour, il est hospitalisé à la suite à ses excès de drogues; il sort de l’hôpital d’Hydra au bout de sept jours et garde le lit pendant plusieurs semaines. Marianne le soigne.

Leonard Cohen est un homme qui travaille beaucoup. C’est un être mélancolique, tourmenté et très complexe. L’ensemble de sa vie en témoigne.

À mes yeux, la vie tumultueuse de l’homme n’enlève pas la valeur de l’oeuvre musicale de cet artiste.

 

Version Wikipedia enrichie

L’enfance et la jeunesse de Leonard Cohen

Il est né dans une famille bourgeoise, financièrement très à l’aise et appartenant à la communauté juive. « I was born in a suit ». Son père et ses oncles possédaient une fabrique de vêtements. Son père, vétéran médaillé de la guerre de 14-18, était malade et devint éventuellement invalide; il est décédé alors que Leonard avait neuf ans.

Il a une sœur aînée et sa mère, veuve, se comporte comme une mère juive. Cette dernière est d’origine russe, elle est mélancolique et très émotive. Son deuxième époux sera malade lui aussi et la quittera pour vivre dans le Sud. Son beau-père à elle, viendra ensuite vivre chez elle. Un jour, elle sera internée au Allan Memorial pour dépression.

 

Leonard a un grand ami, Mort Rosengarten, avec lequel il a fait les 400 coups pendant l’adolescence et la jeunesse. À 13 ans, il se promenait avec Mort, dans les rues de Montréal, Il a toujours aimé vivre la nuit, plus tard, ce seront les cafés et les bars.

À l’adolescence, il a commencé à écrire des poèmes. Il a pris au sérieux la poésie et s’est considéré longtemps comme un poète et un écrivain. Après son secondaire à Westmount, à 17 ans, il entre à McGill qu’il décrit comme le prolongement de la bourgeoisie montréalaise anglophone. C’est là qu’il fera la connaissance d’Irving Layton. C’est à cette époque qu’il deviendra poète. The Spice-Box of Earth est le titre de son premier recueil de poèmes.

A McGill, il étudie les arts, et s’intéresse à tout, sauf à ses études. Il participe à nombre d’activités parascolaires. Il obtient une excellente note en art oratoire; il complète un baccalauréat (avec une moyenne de 56.4) et s’inscrit par la suite à une maîtrise à Columbia, pour à la fois contenter et fuir sa famille qui nourrit des ambitions pour lui. Pour plaire à sa famille et à sa communauté juive, il aurait dû étudier le droit ou le commerce et travailler éventuellement dans l’entreprise familiale.

Pendant son séjour à l’université Columbia il connaît sa première dépression majeure.

Au bout d’un an il revient à Montréal dans la maison familiale.

Les autres périodes de sa vie sont plus connues.

 

 

 

 

Le plaisir des uns…le malheur….

Le plaisir des uns fait le malheur des autres.

À voir le nombre d’oreilles garnies d’écouteurs, de colliers où trône un micro ainsi que l’air absorbé ou réjoui de ceux qui les portent, il me faut conclure que c’est plaisant. Ainsi décorés, ils marchent allègrement et, à l’occasion, fréquentent les transports en commun; je les ai observés.

Et le téléphone cellulaire! Cette merveille qui comporte tellement d’applications. Le nombre de ces dernières va croissant, les services et commerces y pourvoient. Peut-on vivre et même respirer sans cet objet devenu tellement indispensable? Le perdre devient LE drame sans nom. C’est perdre la vie, semble-t-il…

A contrario, il y a d’autres, comme moi, qui peinent à suivre cette tendance. Nous sommes malhabiles et ne comprenons pas toujours les processus et consignes. Ayant récemment raté mon transfert interac en ligne, mon fils a déclaré que j’avais sans doute un karma informatique!

Je ne suis pas naturellement douée; j’ai peur et j’ai développé une expertise en procrastination quand je prévois « devoir » utiliser un de mes appareils. Pourtant, je suis bien équipée : un Iphone, Ipad, MacBook Air, Apple T.V.. J’utilise probablement une infime partie des possibilités de ces bricoles (expression utilisée par un ami). Mon amour-propre souffre de cette relative incompétence. Cette technologie fait mon malheur!

La littérature sur l’intelligence artificielles se répand à vive allure. Les tenants de cette merveille (IA, pour les intimes) prédisent un monde régi par les algorithmes et les robots. Pour moi, ce serait un malheur!

 

 

Hommage à ma main gauche

N.B. Si vous êtes gaucher, ce billet n’est pas pour vous.

 

On a beaucoup parlé de la main gauche « qui ignore ce que fait la main droite ». Il y a des cultures où la politesse se serre à la main gauche.

Je suis temporairement handicapée, mobilité très réduite du bras droit, c’est alors que ma main gauche entre en scène.

Elle n’a pas la même habileté que sa consoeur de droite : mes chaudrons sont mal lavés.

Elle me dépanne quand il s’agit de remplir ou de vider le lave-vaisselle: lentement, mais sûrement, à petits poids, un peu à la fois…

Dans ma voiture, elle s’agrippe au volant et, à l’occasion, traverse l’habitacle pour se joindre à la droite et changer les vitesses.

J’ai trouvé une façon originale de trancher le pain (et tout ce qui doit être tranché). Le couteau est immobile dans la main droite et la main gauche promène la miche sur les dents de la lame.

Elle m’aide à m’habiller : tire, tire et pousse.

Elle traîne les draps et les couvertures pour assurer mon confort nocturne.

Elle peut caresser la tête de mon chat, s’il n’est pas allongé sur elle.

Elle a appris à se servir d’une canne, pour prévenir les chûtes.

 

Ma main gauche a des limites. Elle se désiste si je lui demande de réaliser une mise en plis; elle ne porte pas longtemps mon vase à fleurs en cristal. Elle n’écrit pas.

Malgré tout, je fais beaucoup de choses de la main gauche et je commence

à la valoriser. J’irais même plus loin,

 

j’apprends à l’aimer…

La douleur

À la suite d’une chute spectaculaire, je l’ai éprouvée…

 

Si la douleur tuait, je serais morte, mais non, elle se contente de ronger mon énergie. Elle est tantôt vive, tantôt lancinante, tantôt atténuée par les médicaments, mais elle me signifie sa présence et me gêne au quotidien ; ma cuisine et mon chat peuvent témoigner de mes changements d’habitudes.

Je l’anesthésie en regardant des films sur mon téléviseur. N’importe quoi qui m’empêche de bouger. Seul le sommeil me soustrait à son emprise, sommeil médicamenté cela va de soi.

Au réveil, je soupire : une autre journée en compagnie de cette emmerdeuse. Malgré elle, j’arrive à me préparer, quoiqu’au ralenti, de la nourriture, mais, aux repas, j’ai la nostalgie de la position allongée. Hélas, cette nouvelle compagne me suit et me relance jusque dans mon lit.

Je vois les autres qui s’amusent et qui profitent de la neige et du soleil, pendant que moi je suis condamnée à cette souffrance.

Ma douleur n’est pas mortelle et s’amenuisera avec le temps…

La peur

Gouverne-t-elle nos vies?

L’autre jour, à mon centre sportif, j’ai vu une dame qui utilisait six serviettes de bain : une sous ses pieds, une pour protéger ses genoux, une sur le comptoir devant elle, une pour poser ses fesses, une pour respecter sa pudeur, une en turban autour de ses cheveux. Je me suis dit qu’elle avait très peur des microbes des autres! Les femmes se servent en moyenne de trois serviettes…

Cette scène m’a incitée à réfléchir sur nos peurs.

  • Se laver les mains, porter un masque; les bactéries nous guettent.
  • En hiver, porter des crampons, utiliser des canes; les chutes sont redoutées.
  • Les routines strictes protègent des changements; les imprévus sont tenus à distance, les longs voyages sont à proscrire.
  • Échouer; vaut mieux s’abstenir!
  • Sans compter les peurs répertoriées; la claustrophobie, les autres phobies, la peur des transports marins ou aériens, etc.

En somme, la peur m’apparaît très répandue et sous-tend plusieurs de nos habitudes.