Marcel dans la tourmente

« Je n’aurais jamais cru! » L’image de la belle étrangère le taraude. « Je croyais qu’en cessant de la voir, je l’oublierais. Quelle erreur! »
Marcel essaie de lire, de jardiner, de s’occuper le corps et l’esprit, rien n’y fait; l’image de la rouquine le hante… Il se rend à l’évidence, il a envie de la revoir.
Oui, mais… après? Que faire? L’inviter? Ailleurs? Chez lui? Que dirait sa défunte Ernestine! À mon âge! Voyons! Un flot de pensées contradictoires le submerge. Dans la maison, il se promène comme un ours en cage. Finalement, il sort et marche pour « s’éclaircir les idées ».
« Je me fais peut-être des « accroires ». Elle n’a rien suggéré. C’est vrai qu’elle n’a pas eu le temps, je suis parti… Sa résolution est prise : il se rendra au café demain matin, pour voir…
Il a mal dormi, mais se sent en forme. Il a hâte. Il choisit une chemise plus discrète et, se met finalement en route, c’est l’heure.
La porte de l’établissement à peine entrouverte, il l’a repérée sur la banquette du fond et ne peut retenir un large sourire. Un sourire lui répond.
Marcel et Alie se parlent et rient aux éclats. Le propriétaire qui les observe trouve que « les choses sont bien engagées ».
Marcel ajoute : « je suis allé à la chasse. Pendant que vous êtes encore parmi nous, j’aimerais vous faire goûter mon steak d’orignal. »
« Quelle bonne idée! »
« Seriez-vous libre ce soir? »
« …oui… »
Les thés sont terminés, les directives fournies, ils se quittent.
« Qu’est ce que j’ai fait? se demande Marcel sur le chemin du retour à son domicile. Je n’ai pas l’habitude de cuisiner! »
Marcel se retrouve dans la tourmente.