Le bruit

Je suis, comme mon chat, très sensible aux bruits.

J’ai donc délaissé le bruit de la ville avec ses camions, ses poids lourds, ses autobus et autres engins; j’ai opté pour la campagne. Mais il y a aussi des bruits dans ce nouvel environnement.

 

Aujourd’hui, il pleut, donc congé de bruits extérieurs : pas de moto marine, pas de bateau à haute vitesse, pas de tondeuse, pas de tronçonneuse, pas de déchiqueteuse, pas de motocyclette, pas de livreur de terre dont le camion recule souvent. La paix…

Dans mon vieux chalet de bois, certains bruits ne se taisent jamais. Cette vieille carcasse toute croche s’exprime : craquements de tous genres. De plus, la pluie crépite sur le toît de métal.

Je me réjouis néanmoins de ce silence relatif, les fleurs qui poussent et les araignées qui tissent ne sont pas bruyantes.

 

 

 

La confiance

Je l’ai déjà eu, je ne l’ai plus …

J’ai réalisé récemment combien la confiance est importante dans la vie.

Avant, j’avais confiance que les automobilistes respecteraient les codes de la route : tenir compte des feux de circulation, ne pas dépasser dans une courbe, laisser passer une auto qui cherche à changer de voie, etc.

J’avais confiance que les piétons ne s’engageraient pas à traverser une rue sans regarder en haut et autour, afin de s’ajuster au besoin…

J’avais confiance que les cyclistes profiteraient des passages qui leur sont réservés.

J’avais confiance que les scooters, motos et autres véhicules à moteur se déplaceraient raisonnablement…

Avant, je croyais pouvoir prédire la tournure des événements, grâce à ma connaissance des comportements de l’autre, maintenant c’est fini et je suis souvent affolée sur une route où je ne peux prévoir…

Un être mystérieux

Les mystères de mon chat.

Malgré tout ce que j’ai vu et lu, je ne comprends pas un certain nombre d’aspects chez mon chat: je ne comprends pas ses goûts alimentaires et ses horaires (si variables), ni ses choix de lieux pour dormir en solitaire, ni ses marques d’affection subites, ni ses réveils insolites, ses apparitions inopinées, etc. Par temps chaud, il n’est pas attiré par mon balcon ensoleillé. J’y perds mon latin! Serait-il stupide? Ou fou?

 

Pourtant mon langage quotidien et celui de beaucoup de Québécois se réfèrent à cette race d’animaux.

  • Se lécher les babines.
  • Manger des langues de chat.
  • Faire un lavage de chat.
  • Flatter dans le sens du poil.
  • Faire une toute petite sieste (« A CAT NAP » selon les anglophones).
  • Que dire de la ruse, de la grâce et de la souplesse féline!

 

Il m’arrive d’aimer, même si je ne comprends pas, je continue donc de caresser!

 

 

Drôle de société!

Je vis dans une société moderne et démocratique.

Voici ce que j’ai trouvé récemment à la lecture du quotidien La Presse : des associations, des fondations, des regroupements, des ordres, des corporations, des instituts, des cercles, des ligues, des organisations, des centres, des représentants (de l’enseignement, de l’enseignement à domicile, des soins infirmiers, des super-infirmières, etc.).

J’ai poursuivi mes lectures : des sociétés, des chambres, des observatoires, des conseils, des secrétariats m’apparaissent,  sans parler des nombreuses commissions.

Les comités sont innombrables : comités consultatifs, comités exécutifs, comités à l’éthique, comités paritaires, comités ad hoc et sous-comités de tout acabit.

Les endroits d’expression, forum, congrès, colloques, festivals foisonnent, sans oublier les réseaux sociaux. Et les championnats?

Sans compter les partis politiques et les divers gouvernements.

Il y a des lieux d’inclusion pour beaucoup de personnes, MAIS,

il y a aussi des formulaires, des comptes rendus, des rapports, des permis; beaucoup de strates bureaucratiques à franchir pour obtenir… ou parvenir à…

Devant cet écheveau d’instances, je suis perplexe.

Drôle de société!

 

N.B. Ces appellations possèdent chacune un logo. Le suivant remporte la palme du logo le plus mystérieux et difficilement déchiffrable : FECHIMM, Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du grand Montréal.

 

Dates et validité

Après 200 ans, un objet devient une antiquité, après 60 ans, les personnes doivent être remodelées, après quatre ans, Radio-Canada et d’autres changent leur programmation (notre canal bien aimé rajeunit ses émissions), après 20 ans, il faut « rafraîchir » …

Le rafraîchissement est très à la mode.

La publicité m’a suggéré de rafraîchir mes placards, puis ma garde-robe. Il semble que mon décor a aussi besoin d’être renouvelé périodiquement.

D’après ce que j’entends, « trente ans » semble une date butoir pour l’intérieur d’un édifice, le gong a sonné, rénovations! Les annonces publicitaires utilisent également le mot revitaliser ou renouveler ou redéfinir : synonymes de rafraîchir?

Ma coiffeuse m’a proposé de rafraîchir ma coupe de cheveux.

Et maintenant, j’ai appris par mon journal « qu’on a rafraîchi la législation » !

Au suivant!

les permis, un brin d’histoire

Au Québec, les chauffeurs de taxi protestent et s’indignent; ils ont payé entre 100,000$ et 200,000$, un permis qui aujourd’hui ne vaut plus rien à cause d’une législation projeté. Leur histoire ne s’arrête pas là…mais elle m’a fait réfléchir…

Combien René Bernier a-t-il déboursé pour son permis de propriétaire de taverne dans les années 40? Était-ce une somme aussi faramineuse?

J’avais l’âge de raison. Le dimanche, j’allais à la taverne pour jouer avec les chats qui, en temps normal, séjournaient dans la cave; René s’acquittait de la comptabilité. Le permis était un privilège politique, expliquait-il à notre famille « je dois contribuer à la caisse électorale du parti qui me délivre le permis, mais je donne aussi à l’autre parti, au cas où… »

Soixante ans plus tard, ma curiosité s’active et je cherche le prix de ce fameux permis.

Je consulte les archives du Musée de Lachine. Les procès-verbaux de l’Association des taverniers de l’Île de Montréal m’ont éclairée sur tout, sauf le coût des permis. Ces textes décrivent la hausse du prix des permis, celle de la bière en fût, les négociations sur la grosseur du verre, le remplacement des barils en bois par les barils d’acier, la taxe d’affaire, la « protection », etc.

Cette lecture m’a fait revivre les affres de René Bernier au sujet de son commerce. Les cadeaux des brasseries (des verres) ne suffisaient pas à le rassurer. Après son décès, sa femme a hérité de tous ces casse-têtes. J’ai trouvé la réponse à ma question dans l’acte de vente du commerce en 1987. Dans une annexe, tout en bas :

le permis coûtait 1079.00$.

Rien à voir avec le coût des permis de taxi en 2018…

 

Le plaisir des uns…le malheur….

Le plaisir des uns fait le malheur des autres.

À voir le nombre d’oreilles garnies d’écouteurs, de colliers où trône un micro ainsi que l’air absorbé ou réjoui de ceux qui les portent, il me faut conclure que c’est plaisant. Ainsi décorés, ils marchent allègrement et, à l’occasion, fréquentent les transports en commun; je les ai observés.

Et le téléphone cellulaire! Cette merveille qui comporte tellement d’applications. Le nombre de ces dernières va croissant, les services et commerces y pourvoient. Peut-on vivre et même respirer sans cet objet devenu tellement indispensable? Le perdre devient LE drame sans nom. C’est perdre la vie, semble-t-il…

A contrario, il y a d’autres, comme moi, qui peinent à suivre cette tendance. Nous sommes malhabiles et ne comprenons pas toujours les processus et consignes. Ayant récemment raté mon transfert interac en ligne, mon fils a déclaré que j’avais sans doute un karma informatique!

Je ne suis pas naturellement douée; j’ai peur et j’ai développé une expertise en procrastination quand je prévois « devoir » utiliser un de mes appareils. Pourtant, je suis bien équipée : un Iphone, Ipad, MacBook Air, Apple T.V.. J’utilise probablement une infime partie des possibilités de ces bricoles (expression utilisée par un ami). Mon amour-propre souffre de cette relative incompétence. Cette technologie fait mon malheur!

La littérature sur l’intelligence artificielles se répand à vive allure. Les tenants de cette merveille (IA, pour les intimes) prédisent un monde régi par les algorithmes et les robots. Pour moi, ce serait un malheur!