La gazonite

Maladie qui fait son apparition au printemps et qui dure plusieurs semaines. Les hommes en sont surtout affligés. Pour certains la maladie devient gravissime.

Le choix des semences n’est pas laissé au hasard

La mise en terre nécessite beaucoup de « tapotage » et d’arrosages quotidiens.

L’entretien :    éliminer les pissenlits

mettre l’engrais approprié (naturel?, chimique?)

tondre à la bonne hauteur et à la bonne fréquence

le faire soi-même? déléguer?

La surveillance :

s’assurer que chaque étape a été réalisée à la perfection

Puis en être fier.

 

Dans le voisinage de mon chalet, les pelouses courent partout compte tenu de l’absence de clôture d’un terrain à l’autre : le résultat est visible par tous.

Les femmes (c’est une généralisation abusive) s’intéressent davantage aux fleurs. Ces amoureuses les entretiennent avec constance.

 

Les résultats de tous ces efforts combinés s’avèrent très agréables à l’œil.

J’en profite…

La gentillesse existe encore

Je suis une citadine, mais je passe l’été dans un petit village. Certes la campagne « post inondation » est bruyante compte tenu des réparations de tous genres, mais les ‘inondés’ font preuve de beaucoup de gentillesse, malgré leurs malheurs.

« Es-tu en forme? » s’enquièrent mes voisins.

 

Ici, au fond de ma campagne, tout le monde se dit « bonjour » et les « bonne journée » ou « bonne fin de journée » des caissières sont senties.

« Madame, votre paquet me semble bien lourd, je vais le porter à votre voiture » me dit cet inconnu.

« Ce chariot à provisions ne roule pas bien » et la dame de m’épauler en donnant une poussée supplémentaire.

« La crème qui vous été prescrite est-elle efficace? Vous sentez-vous mieux? » me demande le pharmacien.

« Venez n’importe quand, on prendra un verre de rosé », offre la copropriétaire d’une galerie d’art.

Même les gens que je paye redoublent d’attentions « prenez soin de vous, je vais le faire ». « Cela vous convient-il? »

On me tend le bras, lorsque je risque de tomber.

 

En somme, dans ma campagne, je suis entourée de personnes gentilles.

 

 

Mon chat

Un très long mâle. Il est terrible.

Malgré son obésité (officiellement reconnue), il grimpe partout. De façon surprenante, il est capable de se hisser sur mes commodes, mes tables de travail, mes étagères de livres, etc.

Il hume tout : mes dossiers, mes vêtements, mon ordinateur, ma nourriture, mes meubles, les portes de mes armoires, le cachemire, etc.

Il murmure en me suivant (même dans la salle du trône), j’ai maintenant une ombre.

Il marche sur mon clavier, il joue avec mes crayons et déplace mes gommes à effacer.

il cherche mes caresses même la nuit.

 

Il est terrible, mais (il ne le sait pas) je l’adore

 

Le bruit

Je suis, comme mon chat, très sensible aux bruits.

J’ai donc délaissé le bruit de la ville avec ses camions, ses poids lourds, ses autobus et autres engins; j’ai opté pour la campagne. Mais il y a aussi des bruits dans ce nouvel environnement.

 

Aujourd’hui, il pleut, donc congé de bruits extérieurs : pas de moto marine, pas de bateau à haute vitesse, pas de tondeuse, pas de tronçonneuse, pas de déchiqueteuse, pas de motocyclette, pas de livreur de terre dont le camion recule souvent. La paix…

Dans mon vieux chalet de bois, certains bruits ne se taisent jamais. Cette vieille carcasse toute croche s’exprime : craquements de tous genres. De plus, la pluie crépite sur le toît de métal.

Je me réjouis néanmoins de ce silence relatif, les fleurs qui poussent et les araignées qui tissent ne sont pas bruyantes.

 

 

 

La confiance

Je l’ai déjà eu, je ne l’ai plus …

J’ai réalisé récemment combien la confiance est importante dans la vie.

Avant, j’avais confiance que les automobilistes respecteraient les codes de la route : tenir compte des feux de circulation, ne pas dépasser dans une courbe, laisser passer une auto qui cherche à changer de voie, etc.

J’avais confiance que les piétons ne s’engageraient pas à traverser une rue sans regarder en haut et autour, afin de s’ajuster au besoin…

J’avais confiance que les cyclistes profiteraient des passages qui leur sont réservés.

J’avais confiance que les scooters, motos et autres véhicules à moteur se déplaceraient raisonnablement…

Avant, je croyais pouvoir prédire la tournure des événements, grâce à ma connaissance des comportements de l’autre, maintenant c’est fini et je suis souvent affolée sur une route où je ne peux prévoir…

Un être mystérieux

Les mystères de mon chat.

Malgré tout ce que j’ai vu et lu, je ne comprends pas un certain nombre d’aspects chez mon chat: je ne comprends pas ses goûts alimentaires et ses horaires (si variables), ni ses choix de lieux pour dormir en solitaire, ni ses marques d’affection subites, ni ses réveils insolites, ses apparitions inopinées, etc. Par temps chaud, il n’est pas attiré par mon balcon ensoleillé. J’y perds mon latin! Serait-il stupide? Ou fou?

 

Pourtant mon langage quotidien et celui de beaucoup de Québécois se réfèrent à cette race d’animaux.

  • Se lécher les babines.
  • Manger des langues de chat.
  • Faire un lavage de chat.
  • Flatter dans le sens du poil.
  • Faire une toute petite sieste (« A CAT NAP » selon les anglophones).
  • Que dire de la ruse, de la grâce et de la souplesse féline!

 

Il m’arrive d’aimer, même si je ne comprends pas, je continue donc de caresser!

 

 

Drôle de société!

Je vis dans une société moderne et démocratique.

Voici ce que j’ai trouvé récemment à la lecture du quotidien La Presse : des associations, des fondations, des regroupements, des ordres, des corporations, des instituts, des cercles, des ligues, des organisations, des centres, des représentants (de l’enseignement, de l’enseignement à domicile, des soins infirmiers, des super-infirmières, etc.).

J’ai poursuivi mes lectures : des sociétés, des chambres, des observatoires, des conseils, des secrétariats m’apparaissent,  sans parler des nombreuses commissions.

Les comités sont innombrables : comités consultatifs, comités exécutifs, comités à l’éthique, comités paritaires, comités ad hoc et sous-comités de tout acabit.

Les endroits d’expression, forum, congrès, colloques, festivals foisonnent, sans oublier les réseaux sociaux. Et les championnats?

Sans compter les partis politiques et les divers gouvernements.

Il y a des lieux d’inclusion pour beaucoup de personnes, MAIS,

il y a aussi des formulaires, des comptes rendus, des rapports, des permis; beaucoup de strates bureaucratiques à franchir pour obtenir… ou parvenir à…

Devant cet écheveau d’instances, je suis perplexe.

Drôle de société!

 

N.B. Ces appellations possèdent chacune un logo. Le suivant remporte la palme du logo le plus mystérieux et difficilement déchiffrable : FECHIMM, Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du grand Montréal.