la coquerelle et le cloporte

Les insectes

La coquerelle et le cloporte.
Ces deux insectes s’en sont donné à cœur joie.
Ils ont couru tout l’été sans qu’on les embête trop, mais voilà que l’hiver et le froid arrivent. Ils vont vivre à l’intérieur où les attendent les exterminateurs de toutes espèces. Vite, courons nous cacher avant qu’ils nous atteignent.

Ils réussissent à échapper à ce qu’ils considèrent comme des emmerdeurs patentés. Ils se cachent; ils continuent de parcourir les tuyaux et de courir derrière les murs. Quelle insolence!

Les propriétaires s’arrachent les cheveux et ne savent plus à quel Saint se vouer.

Les premières neiges

Premières neiges

On avait oublié le travail des charrues,
l’importance des pneus d’hiver,
les bottes différentes,
la buée dans les lunettes,
les trottoirs glissants,
la glace noire des rues,
et la « sloche ».

Les souvenirs ressurgissent et nous entraînent dans une ronde qu’on préfère souvent mettre de côté.

« Ah que la neige a neigé… »

Nostalgie

Nostalgie
Je suis tournée vers le passé.
Les routines anciennes me manquent.
Où est la précision pré-pandémie?
les journaux, le courrier qui arrivent à l’heure prévue.
Je cherche en vain mon journal du samedi.

Avant, tout était bien normé. Maintenant, c’est un peu confus.

J’attends et j’en suis réduite à contempler, par le biais de ma fenêtre, les feuilles rouges et jaunes de l’automne.

Tranquillité

Tranquilité

Il m’arrive de penser en anglais

It was twilight at my cottage,
As Scrooge said:
“not a creature was stirring, not even a mouse”
no wind, no sound,
the clouds are still,
the visitor’s chairs are empty,
the cat is sleeping.

Il n’y a pas une ride sur le lac,
la lune luit, silencieuse,
la télévision est fermée,
les bateaux , ancrés, sont immobiles,
les oiseaux et les mouettes se sont tus,
les nombreux canards sont invisibles…

C’est la tranquilité.

les odeurs

Odeurs

À la campagne, les odeurs voyagent…

Cette odeur de bois qui brûle m’intrigue depuis plusieurs jours. Mes voisins immédiats n’en sont pas responsables. Je sens néanmoins le feu de bois. Trois jours plus tard, j’entrevois un lointain voisin, inconnu de moi, qui brûle des branches d’arbres.

Lorsque le vent s’y prête, les odeurs d’engrais des champs lointains me parviennent.

En tout temps, les fleurs de tous mes voisins embaument l’air autour de moi.

insatiable

Insatiable.

Eh oui, il s’agit encore de mon chat.
Il m’a tenu compagnie lors du confinement. J’ai apprécié. J’étais très disponible et je l’ai flatté souvent.

Il y a pris goût. Il m’aime tellement… Il me réclame des caresses, m’empêche de lire, de manger ou de boire mon café, me saute dessus fréquemment. Ses pattes m’égratignent si je n’obtempère pas.

Cet amour me gêne dans mes activités quotidiennes que je dois interrompre pour caresser mon insatiable matou.
Heureusement il aime aussi ma véranda grillagée où la nature envoie d’enivrantes effluves. Il m’arrive de l’y pousser et de fermer ma porte : enfin la paix…

les dommages collatéraux

Les dommages collatéraux.

Les médias nous ont beaucoup parlé des dommages collatéraux de la pandémie chez les enfants. J’en ai observé d’autres.

Les toiles d’araignées de ma campagne ont emprisonné des éphémères. J’ai trouvé le spectacle désolant. Des tonnes d’insectes pris dans les filets des araignées, le tout accroché aux surfaces de ma remise : des pans entiers de toiles et de leurs captives.

J’ai sorti mon balai. Pour le moment, tout semble revenu à la normale. les murs de ma remise sont à nouveau lisses.

Encore la pandémie

Encore la pandémie.

La pandémie version urbaine avec ses restrictions de tous genres a eu raison de ma volonté.
Je me suis réfugiée à la campagne. Terrée dans mon chalet, j’ai les yeux et les oreilles en alerte.
Je redécouvre les sons lointains : un bateau ou un avion? une mouette ou une outarde? Le bruit d’une tondeuse à gazon de l’autre côté de la baie?
Je me rééduque au vent, à sa présence, à sa force, à sa direction.
Mon nez fait aussi du surtemps. Est-ce l’odeur de la naphtaline, du chauffage prolongé ou du vieux bois?
Je revois le héron, parfois la buse.
La saison débute, et avec le froid, le grand lac est peu fréquenté.

et je poursuis mes explorations…