Mes chapeaux d’hiver

Ils sont petits, ronds; l’un, en feutre rouge framboise, l’autre, en fourrure, fait de minuscules queues de vison noir. Je les porte en travers plutôt que sur le dessus de ma tête. Ils m’ont valu beaucoup de réconfort récemment.

Le noir, porté avec un long manteau également noir, d’allure vaguement cosaque, m’a valu des compliments dans l’autobus, et qui plus est, de la part de femmes!

« Quelle belle élégance » me dit l’une d’elle.

« C’est vrai » de renchérir une autre, plus jeune.

Vous imaginez ma surprise. De tels compliments à mon âge!

Mon couvre-chef rouge m’en a valu d’autres. À commencer par un rabais de la part de celui qui va réparer ma vieille couverture de laine.

Puis, plus tard, j’ai été abasourdie de recevoir un cadeau de Noël le 25 novembre. Voici comment.

J’essayais de faire remplir ma carte OPUS par un vendeur, mais je manquais d’argent comptant. J’avais, sans réfléchir, acheté des cadeaux pour les fêtes. Je n’avais plus 16.50$ en poche. Un inconnu, dans la trentaine avancée, m’offrit de payer le cinq dollars de différence. « It’s Christmas ». Je le regardai, muette, incrédule…

Je l’ai remercié, profusément, vous vous en doutez, et par la suite, je lui ai demandé « What do you do for a living? » Ses jeans déchirés et son allure sportive m’intriguaient.

« I’m a professional snow boarder ». Et la conversation de se poursuivre sur les plaisirs du ski alpin. J’ai avoué « I stopped skiing at 71 years »

« You don’t look a day older ».

Musique à mes oreilles!

« Mesdames, portez vos chapeaux en travers… »