Médecine commerciale

Une belle clinique privée. Un édifice très moderne.

J’y entre pour la première fois. Je vois un comptoir et trois réceptionnistes. Je m’approche : « prenez un numéro et assoyez- vous ». Serais-je à la boulangerie Première Moisson où il faut d’abord prendre un numéro?

Finalement on m’appelle pour prendre ma carte d’assurance maladie : « assoyez-vous maintenant dans l’autre salle, on vous appellera ».

Après une heure d’attente, je m’inquiète; mon dossier serait-il perdu? Devant mes yeux se déroule un ballet hors de l’ordinaire : une assistante-chef court sans cesse et distribue les dossiers à d’autres assistantes.

On m’appelle (je pense que je suis près du but!), une technicienne me fait des examens de la vue, puis : « Allez vous asseoir entre 4 et 5 » Cinq n’existe pas, je me case près de la salle 4. Autre temps d’observation de la danse perpétuelle des assistantes, elles courent, elles virevoltent.

Au bout d’une attente qui aura duré deux heures, je rencontre la déesse des lieux : une médecin très spécialisée. Elle ne voit qu’une solution à mon problème : une chirurgie, pire, une greffe.

Devrais-je lui faire confiance?