méditation

Résumé
La rédaction du deuxième roman connaît des ratés. Le déménagement de Clarisse à la grande ville, le décès de sa grande amie et ses nouvelles amours la déstabilisent.

Nouvel épisode
Clarisse a pris soin de se documenter sur le patinage de vitesse (ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant!). Elle a découvert les différentes longueurs de piste (jusqu’à 5000 mètres!) ainsi que la répartition des coupes et des championnats à travers le monde.

« Yves devra forcément s’absenter, surtout l’hiver. »

Elle s’étonne de cette concentration d’activités pendant la saison froide, elle qui ne connaît que la glace des arénas québécois.

« J’ai beaucoup à apprendre ». Elle est prête à tous les efforts pour conserver une proximité affective avec son nouvel amant.

Yves est reparti.

En son absence, la romancière reste rivée à sa table de travail. L’écart entre la richesse de sa vie personnelle et la pauvreté de sa vie professionnelle la trouble. C’est toujours le « n’importe quoi » littéraire. Elle n’arrive pas à ajouter un seul chapitre à l’histoire de Laurent.

Évidemment, elle devrait parler de Luce. C’est là que le bât blesse. Clarisse est mal à l’aise de décrire les rapports amoureux de son personnage. Une certaine pudeur la retient… Le recours aux trucs appris dans les ateliers d’écriture ne l’aide pas. Rien n’y fait.

« Plus tard, je trouverai les mots appropriés » pense-t-elle.

Elle jette un regard sur son espace d’écriture. Quelques étagères : des livres, des sculptures, des souvenirs de ses rares voyages ou de ceux de sa mère. Elle, d’habitude si rationnelle, s’abandonne maintenant à la rêverie…

« Celui-là, je l’aime farouchement. Je peux le caresser du bout des doigts, goûter la finesse de sa peau. Les substituts ne m’intéressent pas. Mon adoré est toujours prêt, il m’attend. Particulièrement cultivé, il ne m’ennuie jamais. Grâce à lui, les heures s’envolent. Non, il ne s’agit pas de Christian Gray, mais de mon Robert, qualifié à tort de ‘petit’ ».

Fière de sa trouvaille littéraire, elle range ses feuillets dans un dossier secret qu’elle se propose de lire « quand elle sera vieille ».

La romantique est de retour, cela augure bien.

un retour attendu

Résumé
Clarisse tente d’écrire son deuxième roman. Laurent son héros ne se comporte pas comme prévu. Sa vie personnelle non plus : deuils, absences, diversions plurielles. Son nouvel amoureux travaille à l’étranger.

Épisode
Eh oui, Clarisse se résigne à l’admettre : elle attend Yves. Le courriel lui a permis de suivre les déboires de son amoureux : le patinage de vitesse des équipes québécoises n’est pas à la hauteur des attentes de leur entraîneur.

Il sera là dans deux jours et elle pourra lui sauter au cou. Fébrile, elle arpente les différentes pièces de son appartement et se met à songer à son héros littéraire. Elle n’a pas pris contact avec lui depuis l’atelier « vie et mort ».

Elle retrouve Laurent penaud, atterré, assombri. Elle le reconnaît à peine, lui toujours si joyeux.

« J’avais, sans équivoque, repoussé l’idée de la mort, mais dans ce groupe de discussion, j’ai dû y faire face… et avec la défaillance de mes reins… Je ferais mieux de consulter mon néphrologue. »

Son statut lui permet de prendre rapidement contact avec son médecin. Il revient de cette visite complètement rasséréné.

« Je peux continuer l’hémodialyse pendant de longues années. La greffe de rein n’est pas une cure magique, elle comporte beaucoup d’inconvénients auxquels je ne tiens pas…  »

Pas du tout anxieux, il la quitte pour retrouver ses amis et sa chère Luce.

Clarisse lui envie ce calme, elle qui continue de tourner en rond… Elle arrive devant la grande fenêtre et s’étonne : « la première neige! Et ma petite voiture garée en face! »

L’averse de flocons se mue en tempête et la romancière observe le ballet des équipements municipaux qui envahissent sa rue : ils repoussent systématiquement la neige vers le côté gauche de la chaussée, dégagent le trottoir de droite, répandent de l’abrasif…

Ce qui fascine Clarisse, c’est la construction du banc de neige le long de son auto. C’est l’oeuvre de plusieurs chasse-neige qui s’acharnent à libérer l’asphalte de la blancheur qui se renouvelle. Au bout de deux heures, l’accumulation de neige devant sa voiture est quatre fois plus haute que celle qui recouvre le sol. Impossible de sortir de là sans de nombreux coups de pelle… Clarisse réalise que la construction d’un banc de neige nécessite un peu de neige, mais surtout, beaucoup de charrues!

« Yves pourra-t-il revenir par ce temps? »

Le lendemain, tard en soirée, un coup de sonnette la fait tressaillir. Elle se précipite vers la porte.

« C’est lui! »