un sauvetage inusité

Il ne s’agit pas d’une noyade, mais d’un voilier. Spectacle fascinant du travail de trois hommes déterminés.

 

Sous l’effet de très grandes rafales, l’amarre s’est défaite et le bateau s’est mis à voguer. Sans capitaine pour lui rafraîchir la mémoire, il a oublié de se tenir face au vent. Malgré la présence de sa dérive rétractable, la puissance des vagues l’a couché sur les flots et les lois de la nature ont terminé le travail. Le bateau ne montre que son dessous, il est complètement renversé.

Des voisins secourables l’ont remorqué jusqu’à une bouée d’amarrage qui flotte paisiblement, au large, dans la baie, devant mon chalet.

Le lendemain, c’est sérieux! Un large bateau plat et un ponton se dirigent vers ce morceau blanc qui dépasse de la ligne des eaux. Les deux embarcations sont munies de puissants moteurs. Trois hommes vont tenter le sauvetage : l’un porte sa veste de sécurité aquatique, l’autre son tee-shirt et sa casquette, le dernier, le propriétaire de l’embarcation naufragée, travaille en caleçon, il est souvent dans l’eau.

S’ensuit une magnifique démonstration de testostérone. Trois batailleurs déterminés à vaincre la résistance, le poids, la gravité, etc.

Debout sur les embarcations, ils poussent, tirent, s’invectivent, lancent des ordres, poursuivent vaillamment leur travail de bras, mais surtout d’équipe.

Le sauvetage est beau à observer, avec ou sans mes jumelles. Trois hommes forts, unis par une seule mission : remettre cette embarcation dans sa position naturelle. Ils ont peiné pendant deux heures pour y arriver. J’ai pu enfin voir la petite cabine et le mât de métal.

Une fois le bateau redressé et stabilisé, sa pompe a rejeté l’eau qui l’avait envahi.

 

À la fin de l’opération, le propriétaire, un peu transi, visiblement  décoiffé, a montré une mine réjouie. Heureusement, car il était lourd et pas très beau à voir.

Amoureux des chiens?

Le cavalier King Charles (nom d’une race de chien)

Une femme sur un pont tire un câble de toutes ses forces.

Elle tente de ramener la grosse corde vers elle, de la glisser sur le parapet, mais la progression est lente compte tenu du poids qu’elle essaye de hisser. Malgré ses mains endolories, son esprit s’active à retracer la trame des événements.

Le petit chien blanc de sa fille, le cavalier « Charlie » s’est aventuré sur une saillie rocheuse qui surplombe un étroit cours d’eau qui serpente sur des kilomètres. Ses petites pattes ont glissé sur la surface humide : plouf! Bien qu’il nage de toutes ses forces pour regagner son point de départ, il est graduellement déporté par le courant. Avec l’autorité de ses huit ans, Catherine désigne son jeune frère comme surveillant et court vers la maison toute proche pour demander l’aide de sa mère.

« Maman, maman, il faut sauver Charlie, il est tombé à l’eau. »

Véronique se mobilise, saisit ses clés au passage, attrape Catherine, saute dans la voiture et roule vers le pont qui se trouve plus loin, en aval. Elle se demande si elles arriveront à temps… « Enfin, cette amarre qui dort dans le coffre servira à quelque chose. » Elles arrivent rapidement au centre de la structure qui n’est pas très haute.

« Je vais aller le chercher », crie Catherine.

Contre tout bon sens et en toute hâte, Véronique fait ce qui lui est demandé. Avec le cordage, elle attache solidement la taille de sa fille et la descend au-dessus de l’eau. Ainsi suspendue, inconsciente du danger, Catherine attend, entièrement absorbée par sa mission de sauvetage.

« Je le vois, je le vois, il s’en vient. CHARLIE, JE SUIS ICI. »

Catherine, qui touche presque l’eau, ouvre les bras. Charlie l’a reconnue et se laisse happer au passage. Véronique a observé la scène et se sent rassurée.

Il ne lui reste qu’à tirer le câble de toutes ses forces…