Encore mon chat

Encore mon chat

J’ai souvent parlé des défauts de mon chat, aujourd’hui, je le trouve intelligent.
On dirait qu’il a lu un de nos humoristes qui disait qu’on célèbre la Fête du travail en ne travaillant pas.
Il honore la Fête du travail : il ne fait rien.
Il ne se promène pas dans l’appartement.
Il ne quémande aucune caresse.
Il ne mange pas.
Il ne fait rien.
Installé sous mon lit, il dort.

Il ne fait rien.

le processus décisionnel

Le processus décisionnel

Après des jours d’observation, je constate que mon chat est lent.
Sa capacité de prendre des décisions relève de la petite vitesse.

Le matin, il hésite à sortir sur la véranda, oui…non…oui…non…
Il se demande s’il préfère se faire flatter ou se nourrir.
Il se questionne : doit-il réveiller sa mère adoptive? Il saute sur le lit, redescend, revient…
Aime-t-il encore le saumon ? Il hésite, renifle, s’approche, recule, avance, goûte…

Ce va-et-vient constant me laisse songeuse sur sa normalité …

Les voleurs

Les voleurs

À ma campagne, je n’ai pas peur des voleurs,
mais j’ai peur des microbes.
Pour me protéger du virus,
Je me suis isolée :
pas de visiteurs, pas de sorties.
J’ai trouvé le temps long, trop long,
malgré le beau paysage.

La canicule m’a désarmée.
J’ai dû m’enfermer…
Quel été!

Pas une période de rêve.
Même pour une retraitée.
La télévision m’a sauvée: mes artistes préférés…
Sans eux, sans mon chat,
Je serais désespérée.

Quel été!

,

les choix

Les choix

Au point de départ, on ne mesure pas les conséquences de ses choix.

Si on se sépare d’une personne aimée, on ne prévoit pas la solitude éventuelle.
Si on refuse de participer à un sport, on ne sait pas que l’offre passera au voisin, d’autres s’amuseront.
Si on se cantonne dans un passe-temps solitaire, les rencontres intéressantes n’auront pas lieu.
Si on veut vivre à la campagne, on ne mesure pas les nouvelles distances ni les changements de style de vie.
Si on choisit de ne pas appeler ses amis, on risque d’être oublié.
Si on adopte un animal de compagnie, on ne sait pas quels en seront les frais.
Si on prête sa voiture, on ne sait pas toujours quand elle reviendra…
Si on accepte de vieillir, l’on ne prévoit les divers handicaps associés
etc., etc., etc.,

Tranquillité

Tranquilité

Il m’arrive de penser en anglais

It was twilight at my cottage,
As Scrooge said:
“not a creature was stirring, not even a mouse”
no wind, no sound,
the clouds are still,
the visitor’s chairs are empty,
the cat is sleeping.

Il n’y a pas une ride sur le lac,
la lune luit, silencieuse,
la télévision est fermée,
les bateaux , ancrés, sont immobiles,
les oiseaux et les mouettes se sont tus,
les nombreux canards sont invisibles…

C’est la tranquilité.

Traumatisme de chat

Traumatisme de chat

BOUM, BOUM, BOUM, BOUM…BOUM, BOUM…
Un feux d’artifice se déroule à deux maisons de mon chalet.
Mon chat s’inquiète, se cache, espérant échapper au vacarme. Il se terre sous un lit.
Le feux d’artifice s’éternise : 45 longues minutes. Le chat continue d’être apeuré…

Le lendemain, il se comporte normalement : il saute dans mon lit vers sept heures pour me réveiller et se faire flatter, puis il renifle partout selon son habitude.

Les chats n’ont pas le même cerveau que nous : ils ont peu de mémoire.
Ils ont de la chance.

les odeurs

Odeurs

À la campagne, les odeurs voyagent…

Cette odeur de bois qui brûle m’intrigue depuis plusieurs jours. Mes voisins immédiats n’en sont pas responsables. Je sens néanmoins le feu de bois. Trois jours plus tard, j’entrevois un lointain voisin, inconnu de moi, qui brûle des branches d’arbres.

Lorsque le vent s’y prête, les odeurs d’engrais des champs lointains me parviennent.

En tout temps, les fleurs de tous mes voisins embaument l’air autour de moi.

insatiable

Insatiable.

Eh oui, il s’agit encore de mon chat.
Il m’a tenu compagnie lors du confinement. J’ai apprécié. J’étais très disponible et je l’ai flatté souvent.

Il y a pris goût. Il m’aime tellement… Il me réclame des caresses, m’empêche de lire, de manger ou de boire mon café, me saute dessus fréquemment. Ses pattes m’égratignent si je n’obtempère pas.

Cet amour me gêne dans mes activités quotidiennes que je dois interrompre pour caresser mon insatiable matou.
Heureusement il aime aussi ma véranda grillagée où la nature envoie d’enivrantes effluves. Il m’arrive de l’y pousser et de fermer ma porte : enfin la paix…

les dommages collatéraux

Les dommages collatéraux.

Les médias nous ont beaucoup parlé des dommages collatéraux de la pandémie chez les enfants. J’en ai observé d’autres.

Les toiles d’araignées de ma campagne ont emprisonné des éphémères. J’ai trouvé le spectacle désolant. Des tonnes d’insectes pris dans les filets des araignées, le tout accroché aux surfaces de ma remise : des pans entiers de toiles et de leurs captives.

J’ai sorti mon balai. Pour le moment, tout semble revenu à la normale. les murs de ma remise sont à nouveau lisses.