Être accro

J’ai beau lui parler, essayer de le raisonner, rien n’y fait. Il réclame sa dose, son « fix ».

 

Il s’agit de mon œil gauche, pauvre multi-handicapé. Il me réclame des larmes artificielles plusieurs fois par jour. C’est le prix à payer pour que lui soit confortable et que ses problèmes ne s’aggravent pas. Pauvre de moi, esclave de cet œil maudit!

Pourtant j’en ai besoin, il m’aide parfois à voir même si son regard est plus ou moins flou selon l’heure et mes bons soins.

Voilà que l’osmose a joué son rôle insidieux, l’œil droit commence à me réclamer des larmes artificielles.

Je suis doublement esclave…

 

Si j’étais accro à d’autres substances, ce serait moins bon pour ma santé. Je n’ai pas à me plaindre.

Version Wikipedia améliorée, prise 2

Encore Leonard Cohen.

J’ai récemment lu une biographie de 545 pages sur lui alors je partage avec vous.

Avant de devenir auteur-compositeur-interprète, père de famille, puis moine bouddhiste (1987-1992), Leonard Cohen a vécu, entre 20 et 30 ans, une décennie tumultueuse. Ce fut la période de tous les excès.

Wikipédia reste discret sur l’utilisation des drogues de Cohen: amphétamine (speed), Mandrax pour se calmer, cocaïne,  LSD, et ce, de façon régulière. Il se trouvait trop « lent » à produire, le travail d’écriture (prose, poèmes ou musique) restera lent et ardu toute sa vie. Pendant cette période, Cohen manifestait également une dépendance au sexe.

C’était un hippy avant l’heure, il a vécu à Hydra (petite île grecque) à Londres, à New York et au Tennessee. Au fil de ses nombreux voyages, il cherchait le lieu où se rassemblaient les écrivains, les artistes et les poètes. Il buvait et discutait avec eux jusque tard dans la nuit. Ils étaient sa famille, disait-il.

Au cours de ces années, il a essayé de vivre de son écriture. Sa poésie, qualifiée de lyrique, est très appréciée dans les milieux littéraires. Let us Compare Mythologies est le titre du plus connu de ces recueils. Cohen s’est cru le plus grand poète canadien. Son mentor était Irving Layton, poète reconnu.

Malgré ce succès. Cohen se lance dans l’écriture de romans. Le premier, The Favorite Game, est mal reçu dans son monde familial dont il s’est inspiré. Cette histoire est mieux reçue par le public littéraire de l’époque. Le deuxième roman, Beautiful Losers, rédigé à Londres, sous l’influence du speed, coule à pic. Ce texte a une veine pornographique qui fait hésiter son éditeur et scandalise le public.

Ses amours avec Marianne à Hydra, dans la petite maison sans eau courante et sans électricité de Leonard, sont connues.  Le public sait moins qu’au cours de son dernier séjour, il est hospitalisé à la suite à ses excès de drogues; il sort de l’hôpital d’Hydra au bout de sept jours et garde le lit pendant plusieurs semaines. Marianne le soigne.

Leonard Cohen est un homme qui travaille beaucoup. C’est un être mélancolique, tourmenté et très complexe. L’ensemble de sa vie en témoigne.

À mes yeux, la vie tumultueuse de l’homme n’enlève pas la valeur de l’oeuvre musicale de cet artiste.

 

Version Wikipedia enrichie

L’enfance et la jeunesse de Leonard Cohen

Il est né dans une famille bourgeoise, financièrement très à l’aise et appartenant à la communauté juive. « I was born in a suit ». Son père et ses oncles possédaient une fabrique de vêtements. Son père, vétéran médaillé de la guerre de 14-18, était malade et devint éventuellement invalide; il est décédé alors que Leonard avait neuf ans.

Il a une sœur aînée et sa mère, veuve, se comporte comme une mère juive. Cette dernière est d’origine russe, elle est mélancolique et très émotive. Son deuxième époux sera malade lui aussi et la quittera pour vivre dans le Sud. Son beau-père à elle, viendra ensuite vivre chez elle. Un jour, elle sera internée au Allan Memorial pour dépression.

 

Leonard a un grand ami, Mort Rosengarten, avec lequel il a fait les 400 coups pendant l’adolescence et la jeunesse. À 13 ans, il se promenait avec Mort, dans les rues de Montréal, Il a toujours aimé vivre la nuit, plus tard, ce seront les cafés et les bars.

À l’adolescence, il a commencé à écrire des poèmes. Il a pris au sérieux la poésie et s’est considéré longtemps comme un poète et un écrivain. Après son secondaire à Westmount, à 17 ans, il entre à McGill qu’il décrit comme le prolongement de la bourgeoisie montréalaise anglophone. C’est là qu’il fera la connaissance d’Irving Layton. C’est à cette époque qu’il deviendra poète. The Spice-Box of Earth est le titre de son premier recueil de poèmes.

A McGill, il étudie les arts, et s’intéresse à tout, sauf à ses études. Il participe à nombre d’activités parascolaires. Il obtient une excellente note en art oratoire; il complète un baccalauréat (avec une moyenne de 56.4) et s’inscrit par la suite à une maîtrise à Columbia, pour à la fois contenter et fuir sa famille qui nourrit des ambitions pour lui. Pour plaire à sa famille et à sa communauté juive, il aurait dû étudier le droit ou le commerce et travailler éventuellement dans l’entreprise familiale.

Pendant son séjour à l’université Columbia il connaît sa première dépression majeure.

Au bout d’un an il revient à Montréal dans la maison familiale.

Les autres périodes de sa vie sont plus connues.

 

 

 

 

La beauté…

La beauté…

Traduire en mots des images et des sensations, un défi de taille! Pourtant, les charmes de la période estivale nous  y invitent.

Le « beau », transmis par nos sens en éveil, nous émeut, parfois jusqu’au frisson. Le regard que nous portons sur le visible (les objets, les paysages) et l’intangible (la générosité, l’amour) nous ravit l’oeil et le coeur

La source du plaisir esthétique reste éminemment personnelle : la fleur qui s’ouvre, la chatte qui allaite, l’infinie variété des tableaux de la nature, le miroitement des eaux, les vibrations de la couleur, la disposition des formes, l’agencement des sons, la perfection des prouesses athlétiques, l’éveil du nourrisson, l’expression de la tendresse, etc.

La perception de la beauté s’accompagne de contentement; elle émeut, calme et rassure. On la recherche, on s’en repaît, on la voudrait éternelle. Cet émerveillement procure un sursis des inquiétudes, de la frénésie, de la douleur.

Elle contribue au plaisir de vivre… si on la remarque.

la beauté selon Botticelli