La couleur verte

On m’a enseigné le vert : vert « pâle » pour les feuilles qui se pointent, vert « hôpital » pour les vieux murs institutionnels, vert « émeraude » pour les lacs aux sources glacées, vert « forêt » pour la densité des arbres, vert « environnement » pour certains partis politiques. Je rajoute : le vert « aimant ».

Une hâte soudaine s’empare des automobilistes à l’approche d’un feu vert. Ce dernier agit comme un aimant, tout ce qui roule se précipite, y compris les cyclistes, même les passagers s’en mêlent « prend ta lumière, je descendrai de l’autre côté de la rue ».

Seuls, les daltoniens restent indifférents.

Ce vert « aimant » semble irrésistible. Si trois feux verts se suivent, c’est la course, le dépassement à tout prix… tout file. Quelles que soient les saisons ou les conditions routières, ce magnétisme agit.

« C’est vert, faut pas manquer ça », se disent les conducteurs.

Le feu est vert! Oh, je dois vous quitter… pour me précipiter.