Les chiens et l’Halloween

Il pleuvait, personne n’a osé sortir.

Sur ma rue, il y a plus de chiens que d’enfants. Les quadrupèdes sont très nombreux : de toutes les tailles, de toutes les races. Pourtant, ils furent invisibles le soir de l’Halloween; leurs propriétaires ont-ils craint les torrents d’eau?

Les chiens sont restés à la maison, réduits à regarder ces trombes de pluie venues du ciel.

Pourtant, ils portent un manteau. Auraient-ils refusé de marcher si on leur avait enjoint de le faire?

Mais non, les chiens n’ont pas fêté l’Halloween, c’était partie remise avait décrété la Mairesse. Les chiens n’ont que faire des diktats des édiles municipaux, ils veulent leur rue.

Ma rue

J’ai acheté au beau milieu d’un mois d’août,

un appartement situé au dernier étage d’un vieil édifice, sur une rue domiciliaire bordée de grands arbres. Idyllique! La rue était paisible, seul l’autobus, qui s’arrêtait à ma porte a retenu mon attention.

Depuis ce temps, j’ai fait quelques découvertes…

J’habite une rue où il n’y a pas de parc à chiens, c’est dommage, car à chaque fois que je marche, je rencontre deux ou trois chiens, jamais les mêmes! Les chiens jappent, c’est connu.

Les trottoirs sont bordés de rubans de tourbe arrosée par les chiens seulement. À certains endroits, ces  longueurs jaunies ont été grattées, retournées et forment de petites accumulations, laissant voir une terre brune. Cette désolation est peu appétissante.

Un matin d’avril, j’ai croisé, en marchant, quatre cyclistes qui filaient à toute allure. Mon sang n’a fait qu’un tour. Que font-ils sur ma rue toute en courbes et en ‘montées’? « Ils s’entraînent », me direz-vous. Ne pourraient-ils pas se contenter de la voie Camilien Houde que la Ville vient (à mon  détriment) de leur réserver ?

Il ne manque que les pétarades des motos pour compléter le tableau de ma rue qui, à première vue, semblait si belle et si innocente.

 

 

Amoureux des chiens?

Le cavalier King Charles (nom d’une race de chien)

Une femme sur un pont tire un câble de toutes ses forces.

Elle tente de ramener la grosse corde vers elle, de la glisser sur le parapet, mais la progression est lente compte tenu du poids qu’elle essaye de hisser. Malgré ses mains endolories, son esprit s’active à retracer la trame des événements.

Le petit chien blanc de sa fille, le cavalier « Charlie » s’est aventuré sur une saillie rocheuse qui surplombe un étroit cours d’eau qui serpente sur des kilomètres. Ses petites pattes ont glissé sur la surface humide : plouf! Bien qu’il nage de toutes ses forces pour regagner son point de départ, il est graduellement déporté par le courant. Avec l’autorité de ses huit ans, Catherine désigne son jeune frère comme surveillant et court vers la maison toute proche pour demander l’aide de sa mère.

« Maman, maman, il faut sauver Charlie, il est tombé à l’eau. »

Véronique se mobilise, saisit ses clés au passage, attrape Catherine, saute dans la voiture et roule vers le pont qui se trouve plus loin, en aval. Elle se demande si elles arriveront à temps… « Enfin, cette amarre qui dort dans le coffre servira à quelque chose. » Elles arrivent rapidement au centre de la structure qui n’est pas très haute.

« Je vais aller le chercher », crie Catherine.

Contre tout bon sens et en toute hâte, Véronique fait ce qui lui est demandé. Avec le cordage, elle attache solidement la taille de sa fille et la descend au-dessus de l’eau. Ainsi suspendue, inconsciente du danger, Catherine attend, entièrement absorbée par sa mission de sauvetage.

« Je le vois, je le vois, il s’en vient. CHARLIE, JE SUIS ICI. »

Catherine, qui touche presque l’eau, ouvre les bras. Charlie l’a reconnue et se laisse happer au passage. Véronique a observé la scène et se sent rassurée.

Il ne lui reste qu’à tirer le câble de toutes ses forces…