La peur de l’inaction

La peur de l’inaction

Étendue devant le téléviseur, allongée sur des coussins moelleux, j’ai lâché prise. Je jouis de l’instant, de la sensation de plénitude, je n’ai envie de rien… Être là me suffit, je suis bien…

Tout à coup, un « flash » : si j’y prenais goût, si cela devait durer, si l’envie de l’action ne me revenait pas… Si je restais dans cet état? Ramollie, figée à jamais.

C’est la fin de tout. Mon esprit qui ne travaille pas, mon corps qui ne bouge pas, c’est la mort.

Ce fantasme me ramène à l’activité.

Certains paramètres le rendent très prégnant : vivre seule (sans témoin, ni regards désapprobateurs), être retraitée du monde du travail (sans échéance, sans imputabilité), ne pas avoir de petits enfants (aucune obligation d’être un bon modèle). Les responsabilités d’antan forçaient sans équivoque le retour à l’action.

Aujourd’hui, ces garde-fous n’existent plus. Le danger est plus réel…