Émerveillée

Souvent.

La robinetterie que j’observe dans les salles de bain de mes amies ainsi que  les toilettes des commerces et des salles de concert se présente sous des formes très variées. Au fil des ans les modèles se sont multipliés: ils sont courbés, carrés, à angle droit. Il me faudra bientôt un certificat d’études supérieures en robinetterie pour savoir, en tant que nouvelle utilisatrice, quoi activer et dans quel sens.

Les documents publicitaires que je consulte ne m’aident en rien. Les images, en deux dimensions, sont fixes et le robinet, toujours fermé. Je vais donc tâtonner encore et encore jusqu’à ce que l’eau jaillisse.

 

S’il y a de l’eau dans les éviers, il y en a aussi dans les lacs et, là encore, je  continue de m’émerveiller. Nouvelles embarcations, nouveaux sports. Les planches à voile que j’ai connues ne sont plus à la mode. Elles sont remplacées par des planches allongées et plates sur lesquelles les adeptes restent debout et se déplacent (par petit vent) munis d’une pagaie longiligne. D’autres amoureux de l’eau et de la planche glissent à l’aide d’une sorte de cerf-volant et s’envolent parfois (par grand vent). Un autre, dont j’ai oublié le nom, s’ajoute à la liste des sports aquatiques.

Et les pontons! Des salons flottants, souvent couverts, où presque tout est possible, à vitesse réduite bien entendue.

Une personne d’âge mûr ne peut que s’émerveiller…

Tourisme montréalais

Le tourisme n’est pas limité aux villes inconnues.

L’impression, très étrange, d’être touriste dans la ville où je suis née, m’est d’abord venue, il y a quelques années, lors d’un déménagement dans un quartier nouveau pour moi. Où est l’essence pour ma voiture? Où est la poste? En plus, je me perdais dans les rues avoisinant ma maison.

Ayant voyagé, seule, dans certains pays européens, j’ai connu le « mode touriste » : chercher son chemin, se référer à un plan, ne pas avoir de repères. C’est aussi se sentir désemparé, démuni, au milieu de gens qui « savent ».

Maintenant, il me suffit de cumuler quelques éléments inconnus et le sentiment d’être touriste refait surface.
Cette émotion m’est revenue récemment lors de visites dans les stationnements de gros hôpitaux de ma ville. La première fois, je me suis perdue dans le labyrinthe des chemins d’accès qui mènent aux six terrains (répartis sur le domaine!). Impossible de retrouver ma voiture. Épuisée par l’interminable marche, j’ai dû demander de l’aide. Une personne motorisée a perçu ma détresse et m’a secourue. La prolongation du séjour m’a valu une facture salée!

Deuxième instance : un stationnement étagé, très étagé, étagé sur 14 étages!!! Je n’avais jamais vu un stationnement de surface de cette envergure, et encore, pour un hôpital! Les panneaux me promettaient un service de valet au dernier niveau; en l’absence évidente de places disponibles, je me suis crue sauvée. Au bout de mes multiples rotations, je ne trouvais pas la ressource promise. Que faire? Après quelques explorations menant à des culs-de-sacs, je me rangeai pour réfléchir. C’est alors que j’observai le va-et-vient d’hommes en chemise blanche. « Tiens, un visage déjà vu ». Ils apparaissaient et disparaissaient par la suite, derrière un volant. J’y étais!

L’un deux m’a expliqué où trouver l’ascenseur « express » qui mène six étages plus bas, aux bureaux où l’on décerne les cartes d’hôpital. Devant ma méconnaissance des lieux, le préposé de ce service m’a remis un plan des pavillons. Grâce à ses instructions détaillées, j’ai fini par naviguer sans trop d’erreurs et me rendre à bon port dans un local situé à la périphérie…

Dois-je ajouter que je me suis sentie « touriste » tout au long de cette expédition?