presqu’un polar, suite

Cinquième partie : une réponse

Dear Ms Lafrenière,

As you suggested, we checked the identity of Mathieu Lafrenière with the Royal Carabbean International. The information you provided us, with respect to the above mentioned Canadian Citizen, was very helpful.
However, your connection with M. Lafrenière is not formally explained. You are probably a close relative, and therefore most welcome to visit him at the Darent Valley Hospital in the city of Darford, Kent. He is in the psychiatric ward and Michael Camp, the social worker, will serve as liaison officer.
Yours truly

Adrian Lowthers,
Spokesman for the Health services of West Kent, England

Sixième partie : Marielle s’en-va-t-en-guerre.
Marielle parle suffisamment bien l’anglais pour comprendre qu’elle n’est pas au bout de ses peines. Un coup de fil à son employeur à Concordia, un coup de fil à son agence de voyages, puis, elle se met en frais de fourbir ses armes (trouver les documents pertinents) pour affronter les autorités britanniques.

« Je verrai sur place ce que je peux obtenir » se dit-elle.

Après des heures d’avion et de train qui lui paraissent interminables, elle arrive enfin au lieu qu’on lui a désigné. Partie d’une métropole, elle est un peu désarmée par la petite ville de Darford; 2400 habitants selon les informations touristiques! Elle se demande si son frère se trouve entre bonnes mains…
La ville recèle des ruines romaines et fut célèbre à l’époque médiévale; le fait que Mick Jagger et Keith Richards (des Rolling Stones) y soient nés la laisse complètement indifférente, comme tout le reste d’ailleurs. Les beaux paysages et les vieux édifices ne l’émeuvent pas davantage, elle ne pense qu’à son frère.

Septième partie : la rencontre
La première visite de Marielle ne se déroule pas comme elle l’avait imaginée. Devant cet homme au regard vide, qui ne la reconnaît pas, elle éprouve un doute secret. « Est-ce bien lui? »

Elle ne l’a jamais vu avec des cheveux longs, blancs par endroits, une barbe de plusieurs semaines, des épaules voutées et surtout, un visage qui n’exprime aucune émotion. Devant un tel tableau, elle est consternée.
Les visites quotidiennes de Marielle au « parloir » de l’établissement n’aident en rien. Mathieu reste « absent ». Que faire?

« Ce n’est pas mon genre de démissionner pense-t-elle, je vais essayer de le rencontrer autrement ».

Consulté, le travailleur social, lui facilite l’accès aux exercices matinaux du pianiste. Elle s’assoit et l’écoute. Elle reconnait le répertoire de son frère, surtout les pièces qu’il jouait dans les réunions familiales. Sans s’en rendre compte, elle se met à fredonner ces airs qu’elle connaît si bien. Sa voix parvient à Mathieu qui se retourne et la regarde… Quelque chose a changé, c’est lui qui accompagne maintenant la chanteuse.

Rassurée, Marielle aurait envie de lui sauter au cou, mais tout le monde lui a recommandé la prudence. Elle se retient.
Le scénario se répète jour après jour, puis, un jour, le pianiste prononce (devant témoins) le nom de Marielle.

Huitième partie : près du but
Celle-ci en a marre de chanter, elle veut ramener son frère à Montréal. Elle tente l’ultime : une conversation en tête à tête. Peine perdue… mais il la reconnaît et prononce sans équivoque le nom de Marielle.

Le lien fraternel étant clairement établi, Marielle entreprend (avec les photos et les attestations qu’elle a apportées) de convaincre les autorités médicales que Mathieu est bien son frère, qu’il a des antécédents très positifs, qu’il pourrait poursuivre sa guérison dans sa ville natale et qu’il y recevrait tous les soins nécessaires.
La bureaucratie se met en branle… La permission arrive huit jours plus tard.

Marielle reprend espoir de retrouver le frère qu’elle a connu, son « vrai frère ».

3 réflexions sur “presqu’un polar, suite

  1. Et s’il refusait de partir? Et si les autorités britanniques découvraient quelque dossier criminel le, voire même, la concernant, dossier véridique ou falsifié d’ailleurs? A moins que les services secrets le réclament, 007 peut-être.

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